Liens d'accessibilité

Iran : le Guide suprême minimise la portée de l’appel du président Obama à « un nouveau départ »


Le Guide suprême iranien estime que l’appel du président américain Barack Obama à « un nouveau départ » dans les relations entre les Etats-Unis et l'Iran n’est qu’un « slogan pour le changement. » L’Ayatollah Ali Khamenei dit qu’il ne voit pas de réel changement dans la politique des Etats-Unis à l’égard de son pays. « Le changement de rhétorique à lui seul ne suffit pas et même dans ce domaine, nous avons noté peu de changement dans le vocabulaire », a-t-il déclaré.

Dans un message vidéo adressé hier au peuple iranien à l’occasion du Nowruz, le nouvel an iranien, le président Obama s’est engagé à utiliser la diplomatie pour se pencher sur les « sérieuses divergences » entre les Etats-Unis et l’Iran.

Ali Khamenei a demandé si ce qu'il appelle « l’hostilité de l’Amérique » à l’égard du peuple iranien a vraiment changé. « Avez-vous procédé au dégel des avoirs iraniens? Avez-vous levé vos sanctions oppressives ? Avez-vous cessé de nous insulter et de lancer des accusations contre notre grande nation et ses leaders ? Et avez-vous cessé votre soutien inconditionnel à Israël ? » s’est notamment enquis le Guide suprême iranien.

Ali Nourizadeh, directeur du Centre des études arabes et iraniennes de Londres, se dit pessimiste quant à une réelle amélioration des relations entre les Etats-Unis et l’Iran. « Même si demain le président Obama restituait les avoirs iraniens, condamnait Israël, retirait toutes les forces américaines de l’Irak et de l’Afghanistan, et même si les Etats-Unis annonçaient qu’ils reconnaissent l’Iran comme le plus puissant acteur au Moyen-Orient, M. Khamenei trouverait toujours une autre excuse pour empêche toute reprise des pourparlers et des relations entre les deux pays », soutient l’expert. Après tout, c'est le slogan « Mort à l’Amérique » qui assure la longévité du régime iranien, explique M. Nourizadeh.

Washington et Téhéran sont engagés dans un bras de fer au sujet du programme nucléaire iranien. Selon Meir Javedanfar, expert du Moyen-Orient à Tel Aviv, les Etats-Unis devront offrir à l’Iran quelque chose de même valeur que ce programme nucléaire, ou qui vaut plus, pour espérer une réaction positive des dirigeants iraniens. Cela pourrait être la reconnaissance de leur rôle au Liban, en Afghanistan et en Irak, ou encore des consultations avec eux sur toute initiative militaire future dans la région, suppute Javedanfar.

Toutefois, les deux experts sont d’accord que le président Obama a suscité un précieux capital de bonne volonté chez les Iraniens en s’adressant directement à eux. De ce point de vue, l’Ayatollah Khamenei a de bonnes raisons de se faire du souci, estime Meir Jadevanfar.

XS
SM
MD
LG