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Le 5ème Forum Mondial de l’eau est en cours à Istanbul en Turquie


Des milliers de responsables gouvernementaux, d’experts et de représentants des milieux d’affaires participent au forum, où l’on a noté la présence de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement à l’ouverture des travaux lundi. Parmi eux : le président irakien Jalal Talabani. C’est la pénurie de l’eau qui domine les discussions. Les régions du monde les plus affectées : le Moyen-Orient et l’Afriquedu nord, déclare le rapport de l’ONU présenté au forum.

« De nos jours, la rareté de l’eau augmente dans beaucoup de parties du monde en raison de son utilisation croissante et partiellement aussi à cause des changements climatiques » explique Gerhard Payen, conseiller du secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki-moon pour l’eau. « L’accès facile à l’eau n’existe plus. Nous devrons gérer cette ressource plus soigneusement à l’avenir », souligne M.Payen.

En Afrique subsaharienne par exemple, 340 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et 500 millions aux systèmes d’évacuation et de retraitement. D’où l’accent mis ces vingt dernières années sur la privatisation pour encourager l’exploitation des ressources aquatiques. Mais Mark Hayes, un responsable de l’ONG Corporate Accountability International, qui suit de près ce développement, ne pense pas que cette politique offre vraiment une solution aux problèmes de l̀’eau dans le monde.

« Quand on examine actuellement la politique de l’eau ces dix à quinze dernières années, on se rend compte que les compagnies privées, travaillant en étroite collaboration avec la Banque Mondiale et même certaines agences de l’ONU, ont vraiment tenu le haut du pavé. Avec pour résultat les fiascos de la privatisation en Amérique Latine, en Afrique et en Asie du Sud-est et la tendance croissante à la transformation de l’eau en denrée, comme en témoigne la commercialisation explosive de l’eau en bouteille », affirme M. Hayes.

« Il y a un gouffre dans le monde entre les gens qui bénéficient de services publics de distribution d’eau et ceux qui n’y ont pas accès. Ces quinze dernières années, les opérateurs privés ont fourni de l’eau à plus de 25 millions de personnes, surtout des pauvres. La question importante est donc : Quand pourrons-nous donner accès à l’eau potable à tous ? » s’interroge le conseiller du secrétaire général pour l’eau. Le participants au forum d’Istanbul disposent d’une semaine pour essayer de répondre à cette question.

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