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Economie : les sorts des pays riches et pauvres sont liés dans la crise actuelle, avertit le Prix Nobel Joseph Stiglitz


Dans le système actuel de l’économie mondiale, les dés sont pipés contre les pays en développement. C’est ce qu’affirme Joseph Stiglitz. Pourtant, en ces temps difficiles, les nations riches ne peuvent ignorer le sort des pays pauvres qu’à leur propre péril, a averti le Prix Nobel d’économie. M. Stiglitz a pris la parole lors d’une réunion d’experts d’une commission de l’Onu chargée d’examiner des réformes du Fonds monétaire international (FMI) et du système financier. Cette commission a été mise sur pied pour atténuer le choc de la crise financière internationale sur les pays en développement.

Pour le groupe, tous les pays de la planète doivent se doter d’un plan de relance robuste pour doper leur économie. « Oui, mais les pays pauvres ne disposent pas des milliards de dollars nécessaires à leur redressement », rétorque M. Stiglitz. « Il y a vraiment besoin de fournir davantage de fonds aux pays en développement pour qu’ils apportent une réponse adéquate à la crise. C’est une question de justice sociale. C’est aussi dans l’intérêt des pays industrialisés avancés : en effet il n’y aura pas de reprise robuste de l’économie mondiale, si une partie très importante du système international ne fonctionne pas bien », souligne M. Stiglitz.

L’autre crainte exprimée par la commission d’experts a trait à la montée du protectionnisme, ainsi que l’illustrent des clauses des plans de relance de certains pays. M. Stiglitz déplore les distorsions créées dans le commerce international par les droits de douane et les subventions. Les mécanismes de soutien des pays riches ont tout à fait détruit la concurrence, de sorte que les pays démunis sont toujours dans une position désavantageuse, dit-il.

Pour l’économiste Stiglitz, il faut donc fournir des fonds aux pays en développement, afin de compenser cette distorsion dans le système économique mondial. Si les pays riches n’aident pas les nations pauvres, cela pourrait avoir de graves conséquences, précise-t-il.

Ce groupe d’experts de l’Onu doit formuler des recommandations, d’ici la fin du mois. Il s’agit de trouver les moyens de faciliter la reprise et d’éviter, à l’avenir, une crise de ce genre.

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