Liens d'accessibilité

Guinée-Bissau: le gouvernement décrète un deuil national et ordonne une enquête


La Guinée-Bissau a ordonné un deuil national de sept jours après que des soldats eurent abattu le président Joao Bernardo Vieira tôt, lundi matin. La déclaration est intervenue à l’issue d’une réunion du gouvernement à l’issue de laquelle une enquête a été ordonnée sur les circonstances de la mort du président Vieira et du chef d’état-major, le général Tagme Na Waié dans deux attaques séparées. Personne n’a, pour l’heure, revendiqué la responsabilité des deux assassinats, mais les services sécurité ont indiqué que M. Vieira a été abattu par des soldats mutins, qui cherchaient probablement à venger la mort du général Waié.

Un porte-parole de l’armée bissau-guinéenne a assuré que l’assassinat du chef de l’Etat était l’œuvre d’un groupe isolé de militaires et que l’armée n’entend pas prendre le pouvoir. Dans une précédente déclaration, les militaires bissau-guinéens avaient fait savoir qu’ils respecteraient l’ordre constitutionnel. La Constitution bissau-guinéenne prévoit que le président de l’Assemblée nationale, Raimundo Perreira, assurera l’interim jusqu’à des élections qui se tiendront dans un délai de 60 jours.

Des barrages routiers ont été érigés aux points stratégiques autour de la capitale. Les banques, marchés et boutiques sont restées fermées. Les radios privées ont repris leurs émissions. Le haut commandement de l’armée a lancé des appels au calme, et assuré la population que la situation est sous contrôle. Dans un communiqué publié à la radiodiffusion nationale, la direction de l’armée a fait savoir qu’aucun acte de pillage et aucune atteinte à l’ordre publique ne seront tolérés.

« J’ai espoir que le pays saura surmonter la crise actuelle », a déclaré le Premier ministre Carlos Gomes. Au cours d’un point de presse faisant suite à la séance de travail qu’il a eue avec le haut-commandement de militaire, M. Gomes a fait l’éloge le président Vieira qu’il a qualifié de « patriote qui aimait son pays. »

« Quant un militaire est battu, il doit s’éloigner de ceux qui l’on battu ; il ne peut plus reprendre le commandement de ces gens-là », explique le fondateur du journal « Kansaré », le politologue bissau-guinéen Fafali Kudawo, qui cite une conversation avec un militaire chevrônné. Selon M. Kudawo, cela explique l’incapacité du président Vieira, depuis son retour, à reprendre réellement en main « les rênes » de l’appareil militaire national.




XS
SM
MD
LG