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Affaire Madoff : la SEC pointée du doigt au Congrès


Rappelons que la fraude de l’ancien patron du Nasdaq est estimée à plus de 50 milliards de dollars. Parmi les milliers de victimes figurant sur une liste de 162 pages présentée mercredi devant la justice de New York: le célèbre joueur de baseball Sandy Koufax, le propriétaire des Mets, équipe de baseball de New York, et des banques telles que Citigroup et Bank of America.

Devant le sous-comité des services financiers de la Chambre des Représentants, M. Markopolos a expliqué en détail l’enquête qu’il avait mené pendant 9 ans sur les activités de Madoff et comment il avait tenté à de multiples reprises d’alerter le gendarme de la bourse, la « Securities and Exchange Commission» (SEC). Cette agence, a-t-il fait valoir, se laisse intimider par les grandes maisons de courtage de Wall Street, et si l’on souhaite qu’elle fasse vraiment son travail, mieux vaudrait renouveler tout son personnel, vu qu’il a été incapable de réagir aux alertes lancées à de multiples reprises entre 2000 et 2008.

« Malheureusement, le personnel de la SEC ne dispose pas de l’expertise financière nécessaire et il est incapable de comprendre les instruments financiers complexes qui s’échangent au 21ème siècle » a souligné M. Markopolos.

Durant son témoignage, l’industriel a expliqué comment son équipe et lui-même avaient craint pour leurs vies à différents stades de leurs enquêtes, au fur et à mesure qu’ils décortiquaient les manigances de Madoff. A certains moments, M. Markopolos aurait même porté des gants pour éviter de laisser des empreintes digitales sur des documents.

La SEC était tellement inepte que Madoff aurait pu facilement doubler encore la valeur de sa pyramide de Ponzi, pour la faire passer à 100 milliards de dollars, a ajouté l’enquêteur.

Pour l’instant, pas de réaction de l’organe de régulation des marchés. Une haute responsable de la SEC, Linda Thomsen, invoquant l’enquête qui se poursuit dans cette affaire, s’est refusée à tout commentaire.Néanmoins, a-t-elle ajouté, les dirigeants de la SEC envisagent des mesures pour éviter de nouveaux scandales et améliorer la capacité de détection des fraudes par leur agence. Des propos qui n’ont pas satisfait les députés. L’un d’eux, le démocrate Gary Ackerman de l’Etat de New York, n’a pas caché sa colère.

« Vous n’avez rien dit. Et je crois que c’est à dessein. Je croyais que vous abandonneriez le bandeau sur vos yeux, le sparadrap sur vos lèvres, vos boules Quiès dans vos oreilles, mais vous semblez les porter toujours » a déclaré le député Ackerman.

Pour le député démocrate de Pennsylvanie Paul Kanjorski, président de la sous-commission des services financiers de la Chambre des représentants, l’affaire Madoff démontre l’urgence pour le Congrès de renforcer la règlementation des marchés financiers. « Le monde a changé, le moteur est en panne et impossible à réparer », a-t-il estimé. Il faut créer de nouveaux instruments qui reflètent les nouvelles réalités, a ajouté M. Kanjorski. Des projets de loi à cet effet sont actuellement à l’étude au Congrès.

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