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Le gaspillage des deniers publics dans la reconstruction en Irak dénoncé au Congrès


Les parlementaires américains ont entendu lundi un dossier accablant soumis par un responsable de la vérification des comptes du gouvernement des États-Unis sur le gaspillage des deniers publics dans la reconstruction en Irak.

Selon Stuart Bowen, inspecteur général chargé de vérifier l’utilisation de l’argent alloué aux projets de reconstruction en Irak, les projets en question sont carrément mal gérés.

A son audience à Capitol Hill, M. Bowen a parlé de « gaspillages », « fraudes » et « abus » constatés à l’occasion de ses 21 visites en Irak. D’où le titre de son rapport, intitulé « Leçons difficiles » (« Hard Lessons »).

« Comme je l’ai dit, la leçon principale est que le gouvernement des États-Unis ne disposait ni du cadre, ni des ressources nécessaires pour entreprendre l’important programme d’aide et reconstruction initié en Irak au milieu de 2003 » a estimé M. Bowen.

Selon l’inspecteur général, les États-Unis ont dépensé en Irak 25 fois plus que la somme prévue initialement, qui avait été chiffrée à près de 2,5 milliards de dollars. Si l’on constate certains succès, ajoute M. Bowen, un grand nombre de projets ont englouti beaucoup plus d’argent que prévu, ou ont été mal gérés.

Par exemple, précise-t-il, une usine de retraitement des eaux à Falloujah dont la construction aurait du s’achever il y a trois ans ne sera pas finie avant le mois de septembre 2009. De surcroît, le contrat ne prévoyait même pas de relier les maisons au réseau d’égouts.

Aujourd’hui, les efforts portent moins sur la réparation des dégâts occasionnés par la guerre et les moyens d’éviter un désastre humanitaire que sur les projets de reconstruction générale. Néanmoins, certains secteurs sont négligés, affirme M. Bowen, dont l’agriculture et la gouvernance.

Claire McCaskill, sénatrice démocrate de l’États du Missouri dans le centre des États-Unis, avait parrainé la loi créant la Commission sur les contrats en temps de guerre (« Wartime Contracting Commission »). Elle a qualifié les efforts de reconstruction en Irak d’« échec massif ».

« Des centaines de milliards de dollars ont disparu. Tout a été volé – depuis l’argent jusqu’aux matériel lourd en passant par les fusils » a déclaré Mme McCaskill.

Selon l’inspecteur Bowen, l’important pour les États-Unis serait de ne pas répéter ces erreurs en Afghanistan.

« Fréquemment, ceux qui étaient déployés sur le terrain n’avaient pas les capacités nécessaires pour mener à bien leurs missions. Il est essentiel de s’assurer que la prochaine fois que les États-Unis sont confrontés à une telle opération, ils disposent de gens prêts à être déployés qui soient capables d’assumer leur tâche. Et d’ailleurs, cette prochaine fois, elle est déjà là. Il s’agit de l’Afghanistan » a déclaré M. Bowen.

Washington a déjà alloué 32 milliards de dollars à des projets de reconstruction en Afghanistan. Et des milliards de plus seront dépensés aussi longtemps que les États-Unis poursuivront leurs opérations dans ce pays. En ce qui concerne l’Irak, cinq milliards de dollars restent à allouer à différents programmes. Bref, souligne M. Bowen, il reste beaucoup à faire.


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