Liens d'accessibilité

Zimbabwe : les Etats-Unis sceptiques au sujet du gouvernement d’union nationale


Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) – principal parti zimbabwéen d’opposition - a accepté d’entrer dans un gouvernement d’union nationale avec le président Robert Mugabe, le mois prochain. C’est ce qu’a annoncé, aujourd’hui, à Harare, le chef du MDC, Morgan Tsvangirai. Le principe d’un partage du pouvoir avait été arrêté il y a quatre mois, mais jusqu’à présent, il est resté lettre morte.

L’administration américaine se dit sceptique concernant le nouvel accord. Il reste à savoir si le dirigeant de longue date du Zimbabwe concèdera une portion significative de son pouvoir, disent les responsables gouvernementaux à Washington. Les diplomates américains ont eu leurs doutes depuis le début, en septembre, des pourparlers sur le partage du pouvoir. Ces doutes subsistent en dépit de la dernière annonce par Morgan Tsvangirai.

Ce dernier, dont le parti a remporté les élections législatives de mars dernier, doit devenir le Premier ministre du gouvernement d’union nationale. Pour sa part, le président Mugabe, à la tête du pays depuis l’indépendance, conservera son poste de chef de l’Etat.

Lors d’un point de presse aujourd'hui, le porte-parole intérimaire du département d’Etat américain, Robert Wood, a déclaré que des doutes subsistent quant à savoir si le nouveau gouvernement reflètera la volonté des Zimbabwéens telle qu’exprimée lors des élections de 2008. « Ce genre de chose a été annoncé par le passé. La clé, c’est la mise en œuvre de l’accord ; car ce qui est important, c’est l’action et non les mots », a insisté M. Wood, ajoutant que Washington veut voir un réel partage de pouvoir par le régime du président Mugabe.

En attendant, les Etats-Unis et leurs alliés européens continuent d'interdire les ventes d’armes au Zimbabwe et ont imposé des sanctions économiques à ce pays et des restrictions aux voyages du président Mugabe, des membres de sa famille et de ses proches associés. Aux dernières nouvelles, l’administration Obama envisage d’engager de nouveaux efforts au sein du Conseil de sécurité de l’Onu en vue de l’application, au plan mondial, de ces sanctions ciblées contre le régime Mugabe.

Toutefois, les Etats-Unis assurent qu’ils poursuivront leur assistance humanitaire au Zimbabwe pour aider ce pays à faire face à une crise économique et à une épidémie de choléra qui, disent-ils, découlent de la mauvaise gestion du pays par M. Mugabe. Selon le porte-parole Robert Wood, il est prématuré de parler d’une éventuelle levée des sanctions contre le Zimbabwe du simple fait que Tsvangirai a annoncé la conclusion d’un accord avec le président Mugabe.

XS
SM
MD
LG