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La discorde règne entre le vice-président sortant Dick Cheney et son successeur Joe Biden


Le président élu Barack Obama avait promis une transition en douceur entre sa future administration et celle du président George Bush, qu’il remplacera le 20 janvier 2009 à la Maison Blanche. Mais cela n’a pas empêché leurs deux « numéros 2 », Dick Cheney et Joe Biden, d’échanger des « propos peu amènes » ce week-end. Pour M. Biden, il est clair que M. Cheney a donné de mauvais conseils au président Bush. « Ce n’est pas sain pour notre sécurité nationale, et ce n’est pas conforme à notre Constitution, à mon avis » a dit M. Biden dans une interview sur la chaîne de télévision ABC. Le vice-président a carrément qualifié M. Cheney de « dangereux », faisant valoir qu’il avait tenté d’élargir les pouvoirs de la présidence au-delà des limites fixées par la Constitution.

« Son idée qu’en temps de guerre, tout le pouvoir essentiellement repose avec l’exécutif – eh bien je pense franchement qu’il a tort. Je pense que c’était une erreur. Je pense que cela a eu pour conséquence que son administration, en adoptant ce principe, a outrepassé ses pouvoirs, et au minimum, cela a affaibli notre image à travers le monde et affaibli notre sécurité » a déclaré le sénateur Biden.

Le vice-président Cheney, qui était interviewé, lui, sur la chaîne de télévision Fox, a dit ne pas prendre ces commentaires au sérieux. « Le fait est que, vu le type de conflit auquel nous sommes confrontés aujourd’hui, nous nous trouvons dans une situation où, à mon avis, il faut que l’exécutif soit fort. Et ce que nous avons fait durant notre administration, c’est d’user de ce genre de pouvoirs » a expliqué M. Cheney.

Le sénateur Biden n’est pas convaincu. L’administration Bush a outrepassé ses pouvoirs, maintient-il. Dans son interview avec la chaîne ABC, il a fait valoir qu’il recevait exactement les mêmes rapports des services de renseignement que les responsables de la Maison-Blanche. Si le président Bush et le vice-président Cheney ont souligné que ces rapports leur avaient fait comprendre l’ampleur de la menace pesant sur les Etats-Unis, et la nécessité pour la présidence d’affirmer ses droits, M. Biden les a interprétés de façon très différente.

« Je n’ai rien appris jusqu’à présent qui puisse modifier mon point de vue fondamental, qui est que d’abord, Guantanamo devrait être fermé. Ensuite la façon dont nous avons mené notre politique au plan de la surveillance, comme au plan des détenus, a terni notre réputation à travers le monde » a estimé M. Biden, en ajoutant qu’il se ferait plus discret durant l’administration Obama.

M. Cheney, par contre, n’éprouve aucun regret, et il a fustigé la position prise par M. Biden. « S’il veut réduire l’influence du bureau du vice-président, c’est son droit évidemment. Je pense que le président élu Obama décidera de ce qu’il veut de la part de son vice-président. Et apparemment, vu la façon dont ils parlent de la question, il ne s’attend pas à ce qu’il joue un rôle de premier plan, comme je l’ai fait » a déclaré M. Cheney.

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