Liens d'accessibilité

L'OPEP ne parvient pas à enrayer la chute du prix du baril de pétrole 


En dépit de la décision des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) de réduire leur production de 2,2 millions de barils par jour, le prix du baril de pétrole est tombé jeudi à son niveau le plus bas en quatre ans. A New York, il est tombé aux alentours de 36 dollars. Ce qui signifie que depuis le mois de juillet, lorsqu’il avait atteint des sommets historiques, le prix du baril a chuté de plus de 70%.

Selon le président de l’OPEP, le ministre algérien de l’énergie, Chakib Khalil, l’organisation souhaite mettre en œuvre une réduction des pompages, de même que certains pays « non OPEP » qui sont parvenus à diminuer une offre surabondante.


« Le cartel est en discussion avec des pays qui ne sont pas membres du cartel, comme le Mexique, la Russie et la Norvège pour les amener à réduire leur production et toute aide de leur part renforcera les effets de la décision de l’OPEP », a fait valoir M. Chakib Khalil.


L’Arabie saoudite a récemment dit que nombre de pays producteurs risquent d’interrompre entièrement leurs pompages, si le baril descend en dessous de 40 dollars, car à ce prix, l’exploitation du brut ne sera plus rentable.


Pour Walid Khadduri, un expert au « Middle East Economic Survey », un institut d’études qui travaille sur l’économie du Moyen-Orient, la toute dernière décision de l’OPEP va peut être bien au-delà de ce que nombre d’observateurs attendaient.


« Tout d’abord, l’OPEP a décidé de réduire sa production de deux millions de barils par jour et on estime que les pays “non OPEP” ont diminué leurs pompages de 600 000 barils par jour. Il ne s’agit pas simplement de la Russie mais aussi d’autres pays. Cela représente près de 3% de la production mondiale, c’est plus que n’attendaient les marchés », fait observer M. Khadduri. « Cela dit, la crise économique pourrait rendre inefficace la toute dernière décision de l’OPEP », ajoute-t-il.


« Je pense que la crise économique mondiale pourrait réellement rendre cette décision inutile. La consommation de pétrole augmente en hiver, en raison du froid. Mais on constate, en ce moment, une très forte capacité de stockage, un peu partout dans le monde. De sorte que l’OPEP tente de s’opposer, à la fois au recul de la consommation de brut et à l’augmentation des stocks » a expliqué l’expert du Middle East Economic Survey.


L’OPEP a coutume de réagir trop et trop tard aux crises économiques. En 1999 et 2001, le cartel a bien réduit sa production, mais pas assez pour endiguer la chute des prix. Cette fois, reste à voir si l’OPEP aura davantage de poids pour faire remonter le baril à 75 dollars, objectif que nombre de pays du cartel jugent « un prix équitable » pour vendre leur production.

XS
SM
MD
LG