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Somalie: le gouvernement intérimaire redoute un retrait prématuré des troupes éthiopiennes


Le gouvernement intérimaire somalien se dit profondément préoccupé par le projet de l’Ethiopie de retirer l’ensemble de ses troupes, d’ici la fin de l’année. Les dirigeants somaliens sont d’autant plus inquiets que les insurgés islamistes resserrent l’étau autour de Mogadiscio, la capitale et de Baidoa, siège du parlement. Si les troupes éthiopiennes partent le mois prochain, le gouvernement somalien risque de cesser d’exister, a fait savoir le vice-président du parlement somalien, Osman Elmi Boqore.

« Le retrait des troupes éthiopiennes est, certes, stipulé dans l’accord de paix signé en début de mois, à Djibouti, avec une faction de l’opposition islamiste, mais les Ethiopiens ne doivent pas partir, avant le déploiement d’une unité plus robuste de la Force africaine », a expliqué M. Boqore.Cette force se compose, pour l’heure, d’environ 3000 soldats ougandais et burundais, qui patrouillent un petit secteur de Mogadiscio.

L’Ethiopie avait envoyé des milliers de soldats en Somalie vers la fin 2006, pour chasser les islamistes du pouvoir. Composé essentiellement d’anciens chefs de factions, le gouvernement installé à leur place est peu populaire. Depuis lors, l’insurrection islamiste fait rage. En outre, les luttes entre factions, la corruption et les allégations de crimes de guerre et violations des droits humains contres les soldats tant éthiopiens que somaliens, ont accru le mécontentement des Somaliens.

La violence a provoqué un désastre humanitaire en Somalie, où plus de trois millions de personnes ont désespérément besoin d’une aide alimentaire. Par ailleurs, cette situation décourage le déploiement de troupes africaines additionnelles. Pour compliquer les choses, la force onusienne prévue pour la Somalie n’a toujours pas été constituée.

Cette semaine, le chef de la diplomatie éthiopienne Seyoum Mesfin a ouvertement critiqué les dirigeants somaliens, leur reprochant de n’être pas en mesure de prendre en main la situation dans leur pays.Pour sa part, un porte-parole des insurgés de l’Union des tribunaux islamiques de Somalie, Abdurahim Isse Adow, s’est félicité d’un départ annoncé des soldats éthiopiens.

« Si les troupes éthiopiennes, qui sont perçues comme une force d’occupation, quittent la Somalie, cela pourrait réduire en grande partie la violence et le bain de sang dans le pays », a indiqué M. Adow, qui doute toutefois de la volonté de retrait des Ethiopiens.L’Ethiopie a, de son côté, assuré l’Union africaine que ses troupes partiront, mais resteront à la frontière, prêtes à intervenir, à nouveau, si la situation se dégrade en Somalie.

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