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Les groupes de défense des droits civiques s’insurgent contre les crimes de haine raciale visant les Hispaniques


Cinq organisations de défense des droits civiques ont participé lundi à une conférence de presse conjointe, pour dénoncer les attaques contre les immigrants originaires d’Amérique Latine qui, selon elles, ont augmenté.

Parmi les cas cités, celui de l’Équatorien Marcelo Lucero, installé aux États-Unis depuis 16 ans, et qui travaillait pour un magasin de nettoyage à sec de New York. Le 8 novembre, alors qu’il marchait dans la rue avec un ami, il a été agressé par 7 adolescents et abreuvé d’insultes. Son ami est parvenu à s’enfuir, mais les jeunes l’ont battu. L’un d’eux l’a poignardé, et il est mort de ses blessures.

Selon la justice new-yorkaise, ce n’était pas le premier méfait du groupe, qui se réunissait régulièrement pour faire la chasse aux Hispaniques. L’un des adolescents a été inculpé pour meurtre, les six autres de crimes de haine raciale, et d’attaque physique.

L’incident a suscité une vive réaction à New York, où un rassemblement a eu lieu quelques jours après le décès de M. Lucero pour protester contre ces violences.

Ici à Washington, des défenseurs des droits civiques ont participé hier à cette conférence de presse pour attirer l’attention sur le problème des crimes de haine raciale.

Selon eux, l’élection de l’Africain-Américain Barack Obama à la présidence est un signe positif des progrès réalisés au plan de l’amélioration des rapports entre les races. Néanmoins, elle ne signifie pas que tous les problèmes soient résolus, loin de là.

« Dieu merci, la haine n’a pas triomphé lors de cette élection. Mais malheureusement, elle imprègne toujours notre société » explique Janet Murguia, présidente du Conseil national La Raza, principale association de défense des quelque 45 millions d'Hispaniques résidant aux États-Unis.

Les dernières statistiques rassemblées par le FBI, la police fédérale, montrent que les attaques contre les Hispaniques ont augmenté de plus de 40% entre 2003 et 2007. Selon les experts, il se pourrait que ces chiffres soient en fait nettement plus élevés, car les autorités pensent que nombre d’Hispaniques ne signalent pas leurs déboires à la police, par crainte d’être déportés, s’ils sont sans papiers.

Les défenseurs des droits civiques fustigent certains leaders politiques et journalistes qui créent, selon eux, un climat propice à la haine raciale en se plaignant régulièrement des sans-papiers en public et sur les ondes.

En tout cas, ils entendent faire face ensemble à ce problème, ajoute Marc Morial, le président de la Ligue urbaine nationale, une organisation de lutte pour les droits civiques basée à New York.

« Nous sommes unis pour dire que si un crime de haine raciale vise un immigrant africain ou un membre de la communauté hispanique, ou un africain-américain, un asiatique, un juif ou encore un arabe – c’est tout au même, c’est un crime de haine raciale » affirme M. Morial.

Malheureusement, font remarquer les experts, les appels à la haine raciale ont nettement augmenté sur Internet depuis l’élection de M. Obama. C’est peut-être une réaction, disent-ils, au grand pas en avant que représente cette élection.

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