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L’ancien chef de la lutte anti-corruption, persécuté, selon l’opposition nigériane


L’indignation va croissante au Nigéria, face aux poursuites dont fait l’objet l'ancien patron de la Commission de lutte contre les délits économiques et financiers (EFCC), Nuhu Ribadu. Des poursuites qui, pour l’opposition et les groupes de lutte anti-corruption, sont une forme de harcèlement.

Depuis qu’il s’est vu relever de ses fonctions à l’EFCC, Nuhu Ribadu est resté dans l’actualité, notamment parce que des hommes armés non identifiés lui ont tiré dessus alors qu’il se déplaçait récemment entre Jos et Abuja, la capitale.

Puis, M. Ribadu, un haut responsable de la police, a été rétrogradé par les autorités, l’obligeant à attaquer cette décision en justice. Samedi, il a été tenu à l’écart d’une cérémonie de remise de diplômes à l’Institut national pour les études politiques et stratégiques, alors qu’il figurait parmi les diplômés.

Lors de son élection en 2007, le président Umaru Yar’Adua avait promis de s’attaquer à la corruption mais depuis, il fait l’objet de critiques pour la lenteur de sa démarche. Selon l’ONG de lutte contre la corruption « Zero Corruption Coalition », les poursuites contre M. Ribadu sont un immense pas en arrière pour la lutte en faveur de la bonne gouvernance au Nigéria.

« Le gouvernement Yar’Adua prouve au monde entier qu’il n’est sérieux en ce qui concerne la corruption. Comment dire à un policier ordinaire de ne pas accepter de pots-de-vins quand Ribadu, qui est le symbole de la lutte contre la corruption au sein de la police nigériane, fait l’objet d’une attaque en règle? » s’interroge Biodun Sowemi, porte-parole de la « Zero Corruption Coalition ».

La Commission de lutte contre les délits économiques et financiers avait été créée en 2003 pour tenter d’éradiquer la corruption dans un pays parmi les plus mal notés au monde dans ce domaine. La mise à l’écart de M. Ribadu a suscité de vives critiques contre le président Yar’Adua, accusé de manquer de la volonté politique nécessaire pour poursuivre les suspects jusqu’à la tête de l’État, ce que le chef de l’exécutif a démenti.

Du temps du président Olusegun Obasanjo, le prédécesseur de M. Yar’Adua, cette commission, sous la direction de M. Ribadu, était également en proie à des détracteurs. Ils voyaient en elle un outil du président pour poursuivre ses ennemis, alors qu’il fermait les yeux sur la corruption de ses proches collaborateurs.

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