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Le mandat présidentiel sur le point d'être prolongé en Russie


La Douma, la chambre basse du Parlement russe, a approuvé vendredi l'amendement de la Constitution qui permettra de prolonger les mandats présidentiel et parlementaire et les faire passer de quatre ans à six et cinq ans respectivement.

Seize jours après que le président Dmitri Medvedev eut proposé d’amender la Constitution pour prolonger le mandat présidentiel, c’est chose pratiquement faite. Seuls les communistes ont voté contre la mesure, disant qu’elle reflète l’autoritarisme croissant en Russie.

On s’attend à ce que le Conseil de la Fédération, la chambre haute du parlement, qui est dominée par le parti Russie Unie du président Medvedev, l’approuve rapidement.

Lorsqu’il avait soumis le projet d’amendement le 5 novembre, le président Medvedev n’avait guère fourni d’explications sur ses intentions. La question a été soulevée à de nombreuses reprises depuis les années 1990, avait-il dit, et nombreux sont les régimes démocratiques qui ont procédé à de tels changements.

Mis à part quelques manifestations, qui n’ont guère été couvertes par les médias, l’amendement n’a pratiquement pas fait l’objet de débats publics en Russie ces deux dernières semaines.

Pour Yevgeni Volk, analyste à la Fondation Héritage à Moscou, la rapidité avec laquelle l’amendement a été adopté à la chambre basse reflète la volonté du pouvoir en Russie.

« Tout est fait pour limiter les discussions et pour empêcher que l’on examine les mérites de ces amendements », explique M. Volk. Bref, les autorités russes font comme d’habitude, c’est à dire qu’elles passent outre à l’opinion publique ou aux évaluations indépendantes, a-t-il ajouté.

Selon un sondage publié vendredi par le Centre russe de recherche sur l’opinion publique, 22% des Russes sont favorables à la prolongation du mandat présidentiel, 33% assez favorables et 29% contre. Quinze pour cent n’ont pas d’opinion. A noter que le centre a été accusé par le New Times, publication en ligne indépendante, d’avoir interprété les sondages de façon favorable au pouvoir.

Selon certains observateurs politiques, prolonger le mandat présidentiel est une manœuvre qui permettra à l’ancien chef de l’État, Vladimir Poutine, de revenir au pouvoir. La constitution russe lui interdit de servir plus de deux mandats consécutifs, mais si le successeur qu’il s’est choisi, M. Medvedev, venait à quitter la présidence, M. Poutine pourrait à nouveau briguer deux mandats, chacun de 6 ans. Après cela, M. Medvedev, qui n’aurait que la cinquantaine, pourrait à nouveau se présenter à l’élection présidentielle, et ainsi de suite.

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