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Mauritanie: Abdallahi se considère toujours comme le président démocratiquement élu


Sidi Ould Cheick Abdallahi, le président mauritanien renversé par la junte militaire le 6 août dernier, est toujours en résidence surveillée, mais il a été transféré dans son village natal, à 260 km au sud-est de Nouakchott. Il dit qu’en dehors du changement du lieu de son assignation, sa situation n’a pas évolué. M. Abdallahi se considère toujours comme le président de la Mauritanie. « J’ai été élu, il y a 18 mois, dans des élections tout à fait transparentes, claires, et j’ai été écarté par un coup d’Etat militaire, qui peut m’écarter physiquement, mais qui ne peut rien changer à la légitimité dont je dispose », a-t-il déclaré.

Le président mauritanien déchu estime jouir toujours du soutien de la communauté internationale qui, dit-il « est tout à fait pour la légitimité et le retour à l’ordre constitutionnelle. » M. Abdallahi s’est félicité de la position du gouvernement américain. « J’apprécie de façon particulière la clarté et la vigueur de la position des Etats-Unis dans ce cadre-là », a-t-il souligné.

Sidi Ould Cheikh Abdallahi se dit engagé dans une lutte qui lui permettra de retrouver son poste. « La seule chose qui peut sortir la Mauritanie de cette crise, c’est la mise en échec de ce coup d’Etat et le retour à la légalité », a-t-il insisté. Le président mauritanien renversé dit n’être pas en négociation avec la junte militaire au pouvoir. Il a indiqué être au courant des préparatifs des « Journées de concertation pour la démocratie, pour une feuille de route. » M. Abdallahi estime que « tout cela se fait dans le cadre de la violation de la légalité.»

Interrogé au sujet de la menace du terrorisme dans son pays, M. Abdallahi a souligné qu’aucun pays de la région n’est à l’abri. Il dit craindre que les terroristes soient encouragés à sévir s’ils se rendent compte que les militaires « sont trop préoccupés par la politique. » Pour ce qui est du limogeage des principaux chefs de l’armée et des services de sécurité – l’une des causes du coup d’Etat contre lui – M. Abdallahi dit n’avoir aucun regret. « J’ai essayé de diriger ce pays en démocrate », a-t-il affirmé, relevant toutefois n’avoir pas eu une politique de communication à la hauteur des grandes attentes des Mauritaniens.

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