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Le secteur automobile et les petites entreprises pâtissent des craintes liées au crédit  


Non seulement les consommateurs jouent la prudence et ralentissent leurs achats, mais les banques hésitent de plus en plus à accorder le moindre prêt.

Le marché de l’automobile américain s’est effondré en septembre, avec un recul des ventes de près de 27% sur un an. Il faut dire que la plupart des consommateurs achètent leur voiture à crédit. Or, les banques sont devenues beaucoup plus regardantes quant à la capaité des emprunteurs à rembourser.

« Elles se sont vraiment retranchées ces derniers trois ou quatre mois », explique Jay Sturtz, un concessionnaire automobile de Detroit, dans le Michigan.

La morosité du marché se traduit déjà par des licenciements et des réductions dans la production. Rien que dans l’État du Michigan, l’un des principaux producteurs d’automobiles des États-Unis, près de 200 000 emplois ont disparu. Les trois principaux fabricants de Detroit - General Motors, Ford et Chrysler - ont perdu 100 milliards de dollars sur quatre ans et voient leur part de marché dépassée par celle des asiatiques.

Les analystes insistent sur le fait que les fabricants sont en partie responsables de leurs problèmes. Face à la flambée des prix du pétrole, ils ont continué de proposer des gros modèles gourmands en essence aux consommateurs, qui se sont alors tournés vers les petits modèles qui ont fait la réputation des asiatiques, tels que Honda ou Toyota.

Le président George Bush a récemment promulgué une loi prévoyant des prêts d’un total de 25 milliards de dollars pour les constructeurs automobiles en difficulté, mais la crise du crédit persiste.

Cette crise n’affecte pas seulement le secteur de l’automobile, mais la plupart des entreprises. Parmi les premiers atteints: les propriétaires de millions de petits magasins à travers le pays. Dans le temps, Roger Bhatti, qui gère une petite imprimerie à Arlington au Texas, se tournait régulièrement vers sa banque pour joindre les deux bouts dans l’attente de nouvelles rentrées, et il suffisait de quelques jours pour que son prêt soit approuvé. Ce n’est plus le cas, dit-il.

« Maintenant je vais à la même banque, mais ils prennent non pas des semaines mais des mois à autoriser un prêt. Le temps qu’ils se décident, je peux perdre le contrat » fait valoir l’homme d’affaire.

A Houston, toujours au Texas, Linda Heckman en est réduite à user de ses cartes de crédit pour acheter des marchandises pour son magasin de cadeaux. « Je repaie l’ensemble de mes achats après 30 jours. Si je ne pouvais pas le faire, je ne pourrais rien acheter » affirme Mme Heckman.

Selon le département américain du Commerce, les petites entreprises emploient près de la moitié des travailleurs du secteur privé. Elles pourraient se voir forcées de procéder à des licenciements, si la crise du crédit se propage davantage.

C’est déjà le cas d’ailleurs à Los Angeles, où Liang Liang, le propriétaire d’un magasin, signale qu’un grand nombre de boutiques dans l’immeuble qu’il occupe ont du fermer leurs portes. « Avant, un grand nombre de gens venaient, mais maintenant, personne, plus personne » déplore le commerçant.

D’où l’importance pour le Congrès d’adopter le plan de sauvetage du secteur financier, fait valoir Alice Rivlin, l'ancienne directrice du bureau du budget de la Maison-Blanche, qui travaille maintenant à l'Institut Brookings à Washington. Une fois la confiance rétablie, les banques hésiteront moins à prêter, dit-elle, en avertissant que si l’on ne rétablit pas l’accès au crédit, la situation peut empirer considérablement.

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