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Plan de soutien aux marchés financiers : les démocrates présentent leur contre-proposition


Au Congrès, les démocrates posent leurs conditions pour approuver le vaste plan de soutien aux marchés financiers soumis par l'administration Bush vendredi. Ce plan pourrait coûter 700 milliards de dollars, voire même davantage selon certains experts.

Après s’être penché sur le projet élaboré par le Trésor, le président démocrate de la commission bancaire du Sénat, Christopher Dodd, a fait circuler son propre plan de réforme du secteur bancaire. Le sénateur du Connecticut préconise notamment la création d’un comité de surveillance des marchés boursiers et du secteur bancaire, et il veut également limiter les énormes salaires et paquets d’actions versés aux PDG dont les sociétés seront secourues par le contribuable américain.

Par ailleurs, les démocrates veulent ajouter au plan des mesures visant à aider les emprunteurs en difficulté à continuer à payer leurs hypothèques. La justice serait habilitée à revoir les modalités de leurs prêts pour réduire le montant de leurs remboursements mensuels.

Le comité de surveillance envisagé par M. Dodd comprendrait cinq présidents de différentes institutions, dont celui de la Réserve fédérale, la banque centrale américaine ; le président de la Securities and Exchange Commission (SEC), principal organisme régulateur des marchés financiers des États-Unis, et le président de l'agence de garantie des dépôts bancaire (FDIC).

But de l’opération : limiter les pouvoirs pratiquement illimités du département du Trésor américain qui ne pourra plus acheter, ou s’engager à acheter, des sociétés en difficulté à moins de recevoir certaines garanties et qui devra pondre des évaluations hebdomadaires sur l’état des marchés financiers américains.

M. Dodd a immédiatement reconnu que le projet des démocrates diffère de celui de la Maison-Blanche. Les négociations se poursuivent, a-t-il ajouté. Les médias américains affirmaient aujourd’hui qu’une législation pourrait être soumise au Congrès d’ici à mercredi.

A noter que les deux principaux candidats à l’élection présidentielle de novembre, le républicain John McCain et le démocrate Barack Obama ont exprimé des doutes quant au plan de relance préconisé par l'administration Bush. En tournée électorale en Pennsylvanie, le sénateur McCain a demandé un encadrement plus poussé de ce plan, préconisant la mise en place d’un conseil de surveillance de sa mise en application. M. McCain ne veut pas que la décision de dépenser des centaines de milliards de dollars repose sur un seul homme, le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson.

Lors d’un discours dans l’État du Wisconsin, M. Obama a également plaidé pour la mise en place d’un tel conseil. Au cas où il serait élu, il envisage également de sévir contre les activités boursières qui frôlent la manipulation des marchés, et de mettre en place un processus pour identifier les risques systémiques qui pèsent sur les bourses.

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