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Un coton transgénique semble protéger les cultures conventionnelles


Selon une nouvelle étude publiée cette semaine dans le magazine scientifique « Science » par des chercheurs chinois et américains, un coton transgénique semble protéger les cultures conventionnelles contre des larves voraces.

L’Helicoverpa armigera, un papillon dont les chenilles peuvent consommer une large gamme de plantes, est l’une des principales menaces aux plantations de coton de par le monde.

D’où la décision des chercheurs, il y a une vingtaine d’années, de mettre au point un coton transgénique capable de résister à ces larves. Et ils étaient parvenus à faire pousser une plante capable de produire une protéine toxique, le Bacillus thuringiensis, dit Bt.

Ce bacille tue les larves de l’Helicoverpa armigera, mais ne pose aucun danger aux êtres humains ou animaux. On chiffre à près de 14 millions d’hectares les surfaces plantées à l’heure actuelle avec le coton Bt. Et justement, l’étude publiée cette semaine montre que la proximité de cette plante protège les cultures classiques.

En Chine, la culture du coton Bt a été conduite entre 1992 et 2007 en parallèle avec celle de 38 millions d'hectares de maïs, de cacahuètes, de soja et de légumes, dont les larves de l’Helicoverpa armigera se délectent ordinairement. Mais les experts ont découvert que la présence du coton Bt dans les champs faisait pratiquement disparaître les chenilles dans les autres cultures.

«Donc, essentiellement ce qui s’est passé, c’est qu’on a supprimé l’Helicoverpa armigera au niveau régional dans un certain nombre de provinces en Chine parce que le coton Bt sert un peu de tamis, de piège pour eux », explique le professeur Anthony Shelton, entomologiste à l’université Cornell dans l’Etat de New York.

Malheureusement, le coton Bt n’est pas une panacée. La diminution des épandages d'insecticides sur le coton Bt a favorisé la progression de punaises, explique le professeur Sheldon. Sans minimiser ce problème, ajoute-t-il, on doit quand même reconnaître que les insectes sont un danger moindre et plus gérable que les larves qui dévoraient les feuilles du coton.

On redoute néanmoins que l’Helicoverpa armigera devienne résistant au coton Bt. Mais entre temps, le succès remporté par ce coton transgénique pourrait se traduire par la mise au point d’autres plantes résistant aux larves, dont le riz.

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