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De nombreuses Américaines se rallient derrière Sarah Palin


La colistière du candidat républicain à la présidentielle de novembre, la gouverneure de l’Alaska Sarah Palin, suscite l’enthousiasme de nombre d’Américaines, même si certaines organisations féministes estiment que l’élection d’une nouvelle administration républicaine serait un pas en arrière pour les droits des femmes aux États-Unis.

Révélé juste avant la convention républicaine, le choix du sénateur John McCain a dopé sa campagne. Alors que son rival démocrate, le sénateur Barack Obama était jusqu’alors crédité d’une certaine avance dans les sondages, ils ont basculé précipitamment en faveur du candidat républicain et se remettent à peine.

« J’étais juste une mère comme les autres qui suivait les matchs de hockey de ses enfants et avait rejoint l’association de parents et professeurs de l’école », a déclaré Mme Palin.

Un naturel qui a plu à nombre d’Américaines, des mères de famille qui, comme Mme Palin, tentent de s’acquitter à la fois à leurs responsabilités familiales et professionnelles. Elles se sont identifiées avec cette femme de 44 ans, mère de cinq enfants, alors que jusqu’à présent M. McCain ne les avaient guère enthousiasmées.

« Je suis allée à un meeting de la campagne McCain-Palin. Je n’y serais probablement pas allée si cela avait été seulement John McCain, vous savez, car je dois faire lever les enfants le matin, et j’ai du travail à faire. Mais j’ai pris toute la journée pour aller voir Sarah Palin », explique une électrice, Angel Voggenreiter.

Autre attrait qui a plu aux Américaines : Mme Palin n’a pas ménagé ses éloges pour la sénatrice Hillary Clinton, candidate malheureuse aux élections primaires démocrates, qui a dû s’effacer devant M. Obama.

« Hillary a laissé 18 millions de fissures dans le plafond de verre le plus haut et le plus dur des États-Unis », a-t-elle déclaré en faisant allusion aux 18 millions de voix recueillies par la démocrate, lors des primaires. « Les Américaines n’ont pas encore dit leur dernier mot, et l’électorat va briser une bonne fois pour toutes ce plafond » a ajouté Mme Palin.

Un certain nombre de femmes blanches semblent avoir abandonné le sénateur Obama. Cette semaine, une ancienne donatrice à la campagne de Mme Clinton, Lynn Forester de Rothschild, a même annoncé qu’elle allait rejoindre le camp du sénateur McCain sous prétexte qu’elle juge le sénateur Obama trop « arrogant ».

Pourtant, diverses organisations féministes ont appelé les Américaines à ne pas voter pour le ticket républicain. Elles font valoir que Mme Palin est contre l'avortement, même en cas d’inceste ou de viol. Les féministes disent aussi que M. McCain s’est opposé au principe « à travail égal, salaire égal ». Et cette semaine, la « National Organization for Women » (NOW), principale organisation de défense des droits des femmes, a donné son aval au ticket Obama-Biden.

Même la sénatrice Clinton a appelé ses partisans à voter pour M. Obama, et non pour les républicains qui, dit-elle, seraient un mauvais choix. Le fait qu’ils aient choisi une femme comme vice-présidente n’est pas une raison suffisante pour voter pour eux, a fait valoir Mme Clinton.

Des arguments qui laissent de marbre nombre d’électrices, comme Mme Voggenreiter. « Je ne vais peut-être pas faire les mêmes choix que Sarah Palin a dû faire pour parvenir si haut dans le gouvernement, mais j’ai le sentiment qu’elle parle vraiment pour moi, et me représente », a expliqué Mme Voggenreiter.

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