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Pakistan: le président Musharraf démissionne pour éviter d’y être contraint


Le président Pervez Musharraf a démissionné pour éviter qu’une procédure de destitution soit engagée contre lui. Dans une intervention à la télévision nationale, il a dénoncé les charges retenues contre lui et défendu avec énergie le bilan de ses neuf années au pouvoir. Pour l’instant, on ne sait pas si M. Musharraf va rester au Pakistan ou s’il choisira le chemin de l’exil. Le président du sénat, Mohammed-mian Soomoro assurera l’intérim. Les deux dirigeants actuels de la coalition - Ali Zardari et Nawaz Sharif - se sont rencontrés aujourd’hui, à Islamabad, la capitale, après cette annonce mais rien n’a filtré de leurs entretiens.

Les Etats Unis vont continuer à travailler avec le gouvernement pakistanais, dans sa lutte contre le terrorisme – affirme la secrétaire d’état américaine, Condoleezza Rice. Elle a rappelé que M. Musharraf est un ami de Washington et fait l’éloge de sa détermination à combattre les Talibans, al-Qaida et divers autres militants.

Pour l’Inde, la démission du président Musharraf est une question intérieure au Pakistan. Mais certains officiels indiens craignent que sa démission n’entraîne un vide du pouvoir. Pour sa part, l,’Afghanistan espère que le départ de M. Musharraf va contribuer au renforcement de la démocratie au Pakistan.

« S’il y avait eu destitution, probablement dans la semaine, avec une majorité des 2/3 du parlement, qui semblait acquise, il y avait aussi la menace d’un procès pour violation de la Constitution », explique le professeur Jean-Luc Racine du Centre d’études de l’Inde et de l’Asie du Sud à Paris. « Depuis plusieurs jours, la communauté internationale, en partie les Etats-Unis, mais aussi l’Union européenne, et surtout l’Arabie saoudite étaient en train de négocier les conditions d’un exil se passant pour le mieux une fois la démission du président de la République acquise », a précisé le professeur Racine.

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