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Etats-Unis : coup d'oeil aux rapports entre la politique et le facteur racial


Le sénateur de l’Illinois Barack Obama, candidat présumé du parti démocrate à la présidentielle de novembre, est dans la dernière ligne droite vers la Maison Blanche. Ce qui conduit les experts et les Américains en général à se demander sérieusement si les Etats-Unis sont prêts à élire une personne d’origine africaine à la magistrature suprême.

De l’avis de tous les observateurs politiques, la présidentielle du 4 novembre aura un caractère inédit et historique. Le sénateur de l’Arizona John McCain, candidat présumé du parti républicain, y affrontera le démocrate Barack Obama, premier candidat noir à avoir une vraie chance d’accéder à la Maison Blanche. Une compétition qui devrait forcer la majorité blanche, au pouvoir depuis l’indépendance du pays, à réfléchir sérieusement sur ses comportements raciaux.

« Il y a encore des préjugés raciaux….et pas seulement dans le Sud ou dans les Etats frontaliers entre le Sud et le Nord. Je pense que c’est un vrai problème pour Obama; un problème difficile à traiter. Plus il parle du facteur race…plus il y a de gens qui y pensent. Et pourtant, s’il l’ignore, ce sera encore un plus grand problème », fait remarquer Larry Sabato, professeur de sciences politiques à l’université de Virginie, campus de Charlottesville.

La nomination quasi-certaine du sénateur de l’Illinois comme candidat du parti démocrate à la présidence a permis aux Etats-Unis de franchir une énorme barrière psychologique. Mais Barack Obama n’est pas le premier Noir à briguer la magistrature suprême. Dans les années 1980, le militant américain pour les droits civiques Jesse Jackson a essayé, à deux reprises et en vain, d’obtenir la nomination démocrate comme candidat à la présidence. Et avant lui, la députée noire américaine Shirley Chisholm avait mené une campagne similaire en 1972.

« Barack Obama représente une nouvelle generation de candidates appartenant aux minorités. Il n’appartient pas à la génération des leaders pour les droits civiques. Il ne cherche pas la confrontation. Il ne fait pas campagne, en tant qu’Africain-Américain…Il se présente simplement comme Barack Obama », souligne Thomas Mann, chercheur à l’institut Brookings de Washington.

Le sénateur de l’Illinois n’attire pas seulement les voix des noirs. Il a des partisans blancs, hispaniques et d’origine asiatique… Il enthousiasme les jeunes à un degré inconnu depuis la baisse de l’âge de l’âge de vote à 18 ans. Et si l’on se fie aux résultats des sondages d’opinion, Barack Obama devrait s’en tirer fort bien au scrutin de novembre. Mais les apparences sont souvent trompeuses, déclare Vesla Weaver, spécialiste de sciences politiques à l’université de Virginie. Elle rappelle les mauvaises surprises qu’ont connues plusieurs candidats noirs le jour des élections.

« Je pense que cela est dû au fait que les gens entrent dans l’isoloir et votent d’une certaine façon… et disent, à leur sortie, qu’ils ont agi différemment. Un pourcentage non négligeable de ce phénomème reflète une réponse basée sur le facteur racial », ajoute Vesla Weaver.

C’est ainsi qu’en 1982, les sondages réalisés à la sortie des urnes donnaient l’avantage au candidat noir Tom Bradley, qui briguait alors le poste de gouverneur de Californie. Mais il a, en fait perdu, l’élection. D’où le nom « d’effet Bradley » donné au facteur racial qui réduit considérablement l’avance supposée des candidats noirs dans des scrutins où l’électorat est majoritairement blanc.

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