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Des chercheurs américains auraient trouvé le point faible du virus du sida


Près de 22 000 personnes doivent participer cette semaine à Mexico à la XVII è conférence internationale sur le sida, alors que des chercheurs américains annoncent avoir trouvé le « talon d’Achille » du virus, à l’origine de la maladie.

Ce qu’affirment des chercheurs de l’École de Médecine de l’université du Texas, à Houston, reste encore à vérifier. Néanmoins, si les prochains essais confirment leurs dires, on pourrait se trouver à un tournant dans la lutte contre la pandémie du VIH/sida.

Selon le Dr Sudhir Paul, l’équipe de l’École de Médecine de l’université du Texas à Houston aurait vraiment trouvé le point faible du virus.

« Nous avons découvert une partie du VIH, une petite région à la surface du VIH, qui est pratiquement inchangeable. La raison étant que le virus doit la maintenir constante pour pouvoir se fixer aux cellules », explique le Dr Paul. Cette protéine clé, incapable de mutation, serait le talon d’Achille du VIH, ajoute le chercheur, car on pourrait l’attaquer en utilisant des abzymes, des anticorps capables de se fixer à des molécules et qui catalyseraient la destruction de milliers de particules du VIH.

Le Docteur Paul et son collègue, le Dr Miguel Escobar, ont déjà procédé à des essais concluants sur des animaux en laboratoire. Il s’agit maintenant de réaliser des essais chez l’être humain. En tout cas, les scientifiques feront une communication sur leurs travaux, cette semaine, à Mexico.

Dans l’immédiat, on espère que cette découverte permettra de mettre au point des traitements plus efficaces. Mais à terme, ajoute le Dr Paul, on pense pouvoir également mettre au point un vaccin vraiment efficace.

« C’est le but, à terme: développer une préparation qui puisse offrir une immunité au virus pendant toute la vie », a expliqué le Dr Paul.

Autre avantage du processus découvert par les chercheurs de l’École de Médecine de l’université du Texas à Houston : son coût relativement modique, par rapport aux traitements actuels, dont certains atteignent des milliers de dollars par an.

Si l’avenir semble prometteur, dans l’immédiat le Dr Paul fait état de soucis très réels. Jusqu’à présent, les travaux des chercheurs ont été surtout financés par les Instituts nationaux de santé, mais des fonds supplémentaires seront nécessaires pour des essais à grande échelle sur l’homme. Et même si tout se passe bien, le processus prendra au moins cinq ans.

Près de 25 ans après la découverte du virus, la lutte anti-sida piétine, la mise au point d'un vaccin étant en panne et l'essentiel des crédits étant consacré à la recherche sur les traitements. La prévention reste négligée. Le 17 juillet, l’Institut national pour le contrôle des allergies et des maladies infectieuses a renoncé à essayer l’un de ses vaccins les plus prometteurs. Mais le Dr Paul est optimiste et avec son collègue Miguel Escobar, il offrira la promesse de ses travaux cette semaine à Mexico.

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