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Des jeunes Américains musulmans se familiarisent avec la vie politique nationale


Un groupe de jeunes Américains musulmans assistait récemment ici à Washington à la seconde conférence annuelle du Conseil musulman des affaires publiques (MPAC), une organisation qui oeuvre depuis plusieurs années pour mieux intégrer les musulmans dans leurs communautés locales et dans la vie politique du pays.

Ces 25 jeunes gens prometteurs ont donc été invités dans la capitale fédérale pour qu’on les aide à mieux cerner comment ils pourraient jouer un rôle en politique, explique le directeur général du MPAC, Salam Al-Marayati.

« C’était surtout pour leur donner des informations générales, et les laisser goûter à la vie dans la capitale. Ce qui peut ouvrir leurs yeux, et inspirer beaucoup d’entre eux à s’adonner à ce genre de travail », a expliqué M. Al-Marayati. Les jeunes musulmans sont très intéressés à participer au processus politique ou à rejoindre des ONGs. Il nous faut davantage de musulmans dans la société civile, au sein du gouvernement et dans les médias. C’est le seul moyen de les intégrer à la recherche des solutions, ajoute en substance le directeur général du MPAC.

A l’occasion du sommet de l’organisation, les jeunes musulmans ont participé à des tables rondes pour apprendre non seulement à devenir actifs politiquement au sein de leurs communautés, mais également comment opérer des changements sociaux positifs.

Durant leur séjour ils ont également eu l'occasion de s'entretenir avec des responsables des ministères de la justice et de la sûreté du territoire ainsi qu’avec des membres du Congrès, dont la sénatrice démocrate de Californie Diane Feinstein, ou encore le député du Minnesota Keith Ellison.

M. Ellison, qui est devenu en novembre 2006 le premier musulman à être élu à la Chambre de représentants, a conseillé aux jeunes gens d’éviter de se prendre pour des victimes, du fait des mesures prises depuis les attentats du 11 septembre 2001 à Washington et New York. Certes beaucoup d’Américains sont préoccupés par les menaces planant sur les droits civiques, a-t-il reconnu. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut tourner le dos à la classe politique, a-t-il ajouté.

« La communauté musulmane d’Amérique va de l’avant au plan politique et nous devenons chaque jour plus fort. Impliquez-vous dans les campagnes électorales et aidez à leur faire prendre une forme qui reflète les meilleurs intérêts du pays. Et ce, pour garantir que tout le monde est intégré et que personne n’est exclu » a souligné le député Ellison.

Lors de leurs consultations avec des responsables du ministère de la sûreté du territoire, les jeunes musulmans ont pu discuter des moyens dont usent les agences de sécurité pour trouver un équilibre entre le respect des libertés civiques et les mesures nécessaires à la sécurité nationale.

En tout cas, les jeunes sont tombés d’accord sur une chose: leur expérience à Washington a été positive dans le sens qu’elle leur a ouvert les yeux sur certaines choses, leur a fait entendre différents points de vue et mieux comprendre la complexité des processus de décision. Une expérience qu’ils comptent partager, une fois rentrés au sein de leurs communautés, avec leurs coreligionnaires. A preuve Nabil Al-Shurafa, un jeune californien, qui compte bien, une fois de retour sur la côte ouest des Etats-Unis, encourager les Américains musulmans à s’intéresser ou à participer à la campagne pour l’élection présidentielle de novembre, et à voter le 4 novembre.

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