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Etats-Unis : un suspect de l’attaque contre le USS Cole bientôt inculpé


Des chefs d’inculpation seront retenus contre le suspect Abd al-Rahim al-Nashiri pour son rôle présumé dans l’attaque contre le bâtiment de guerre américain USS Cole, si le procureur militaire reçoit l’autorisation d’un haut responsable du Pentagon. S’il est reconnu coupable, Nashiri sera passible de la peine de mort.

Détenu à la prison militaire américaine de Guantanamo Bay, à Cuba, Abd al-Rahim al-Nashiri est accusé d’avoir organisé l’attentat contre le USS Cole, de concert avec le leader d’al-Qaida, Oussama Bin Laden. Nashiri aurait pris part à l’attaque, qui a tué 17 marins américains, en 2000, au Yémen. Le suspect aurait également participé à une attaque contre un tanker français, deux ans plus tard, de même que dans qu’à une tentative d’attentat contre un autre bâtiment de la US Navy.

Saoudien d’origine yéménite, Abd al-Rahim al-Nashiri pourrait devenir le premier suspect à être inculpé dans l’affaire du USS Cole si, comme l’exige le processus des commissions militaires chargées de le juger, un haut responsable au Pentagon, dans ce cas, Susan Crawford donne son feu vert. Mme Crawford devra également décider si elle autorise le procureur à demander la peine de mort.

Nashiri est l’un de 14 principaux suspects détenus par le gouvernement des Etats-Unis dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Il avait été incarcéré dans des prisons secrètes par la CIA, les services de renseignements américains, avant d’être transféré, il y a 2 ans, au centre de détention militaire américain de Guantanomo Bay, à Cuba. Son dossier est compliqué du fait que la CIA a reconnu avoir utilisé des méthodes d’interrogation musclées, y compris celle appelée « waterboarding », ou simulacre de noyade, que le gouvernement des Etats-Unis considéraient, dans le passé, comme de la torture.

Lors d’une audience sur son statut, l’an dernier, Nashiri a déjà dit à un juge militaire qu’il était passé aux aveux au sujet de l’attaque du USS Cole et d’autres attentats terroristes seulement pour faire cesser la torture qu’il subissait.

Pour le conseiller juridique des commissions militaires, le général Thomas Harmann, le procès de Nashiri peut aller de l’avant malgré les questions soulevées sur les moyens par lesquels les preuves à charge ont été obtenues.

« Vous devez examiner les preuves. Nous examinerons les preuves, toutes les preuves liées à ce procès. Bien que la méthode du « waterboarding » ait été utilisée, comme cela a été reconnu, il y a d’autres preuves dans ce dossier. Ce n’est pas forcément la seule preuve, et toutes les preuves seront évaluées par la défense, le procureur et le juge », a dit en substance le général Hartmann.

Le gouvernement américain fournira à Abd al-Rahim al-Nashiri un avocat militaire pour sa défendre. Si les charges sont approuvées et retenues contre lui, il aura droit à une audience préliminaire dans les 30 jours devant un juge, et à un procès devant un jury militaire dans les 120 jours. Puis Nashiri aura la possibilité d’interjeter appel auprès des tribunaux fédéraux civils des Etats-Unis.


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