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Nouvelle vague d’arrestations dans la filière cacao ces 8 derniers jours en Côte d’Ivoire


Une vaste enquête judiciaire dans la filière cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial, a été ouverte en octobre à la demande du chef de l'État, Laurent Gbagbo.

Cette enquête a débouché sur l'arrestation, ces dernières semaines, de la quasi-totalité des dirigeants des structures de régulation de la filière pour « détournement de fonds, abus de confiance, abus de biens sociaux, escroquerie, faux et usage de faux en écriture de commerce ou de banque ». Parmi eux : des proches du président Gbagbo, dont le directeur général du Fonds de garantie des coopératives du café-cacao (FGCCC), Jean-Claude Bayou, un cadre du Front populaire ivoirien (FPI), le parti du chef de l’ État.

Selon les média locaux, des juges ivoiriens seraient également en France, pour enquêter sur des comptes en banque liés à la filière café-cacao.

Suite à l’arrestation de M. Bayou vendredi, le président Gbagbo a lancé un appel au calme, faisant valoir que tous les Ivoiriens devraient respecter la loi et l’autorité du chef de l’exécutif. Il a également rappelé que les détenus sont présumés innocents jusqu’à preuve du contraire.

Le 30 mai, la justice ivoirienne a ouvert une information contre 23 personnes, dont 18 hauts responsables de la filière cacao. Leur incarcération a suscité la colère de responsables de l'Association nationale des producteurs de cacao de Côte d'Ivoire (Anaproci). Laurent Kouassi, un membre de l’Anaproci, fait valoir que des investissements ont quand même été réalisés dans la filière cacao et que, si corruption il y a, tout le monde est coupable, depuis la présidence jusqu’aux ministres.

Des élections étant prévues pour le 30 novembre, les producteurs de cacao et café ne souhaitent pas pour l’instant entraver la paix et lancer un débrayage, ajoute M. Kouassi.

Dans sa demande d’enquête, M. Gbagbo avait notamment mentionné « l’affaire Fulton », où l'une des structures de gestion de la filière cacao, le Fonds de régulation du cacao, était soupçonné d'avoir détourné près de 100 milliards de FCFA destinés au départ à racheter une usine de cacao à Fulton, dans l’État de New York aux Etats-Unis.

Les États-Unis étant l’un des principaux pays consommateurs de chocolat, l’État ivoirien avait fait valoir que cet achat lui permettrait de se lancer dans l'agroalimentaire pour donner enfin une plus-value à ses matières premières.

L’ONG britannique Global Witness, spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles des pays en développement et la corruption politique qui l'accompagne, se félicite de la décision du gouvernement ivoirien d’enquêter sur la filière cacao. D’autant que les autorités ont publié des données financières sur ces institutions. Maintenant, ajoute Global Witness, on attend toujours des garanties qui pourraient assurer plus de transparence à long terme. Des dispositions restent à prendre, souligne Maria Lopez, une responsable de Global Witness.


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