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Des immigrants aux États-Unis envoient des vivres dans leur pays d’origine


Face à la flambée des prix des denrées alimentaires et aux pénuries qu’elle engendre dans certains pays, des immigrants aux États-Unis s’attaquent au problème de front en envoyant des vivres dans leur pays d’origine. C’est notamment le cas des Philippins et des Haïtiens.

Parmi eux : Christie Zerrudo, qui expédie du riz à son frère aux Philippines. Certes, on produit cette denrée dans ce pays, mais les Philippines sont aussi le premier importateur mondial de riz, et le pays est confronté actuellement à de graves pénuries. Les autorités ont rationné le riz et le prix non subventionné de cette denrée grimpe en flèche.

« J’envoie deux sacs de riz. Un sac permet probablement de nourrir une famille de dix personnes. Si le riz est rationné, ces deux sacs vont leur permettre de subsister pendant 15 jours », explique Mme Zerrudo, qui gère un magasin d’alimentation philippin, dans la banlieue de Washington. Le prix du riz a pratiquement doublé aux États-Unis, mais celui qui est vendu ici reste moins cher et de meilleure qualité que celui que l’on trouve aux Philippines, où il constitue l’aliment de base.

« Ils prennent du riz frit au petit déjeûner, et du riz bouilli au déjeûner et au diner», explique Mme Zerrudo. Il faut environ un mois pour que ces sacs de riz arrivent aux Philippines. A une certaine époque, Mme Zerrudo envoyait de l’argent à sa famille restée au pays. Mais ce n’était pas suffisant car le riz est trop onéreux sur place .

« On ne pouvait acheter que quelques kilos avec cet argent. Pour une famille nombreuse, ce n’est pas suffisant. Il vaut mieux envoyer du riz. Au moins avec cela, ils ont quelque chose à manger » fait observer Mme Zerrudo.

Des pénuries de riz persistent également en Haïti. En avril dernier, l’envolée des prix des aliments a entraîné des émeutes. Le Programme alimentaire mondial est intervenu pour fournir des denrées de première nécessité, telles que le riz et l’huile végétale.

Les Haïtiens installés aux États-Unis aident leurs familles restées au pays en leur envoyant de l’argent, mais ils se servent également du web pour commander des aliments, qui sont livrés en Haïti par des négociants sur place. C’est notamment le cas de la société TAP TAP et de son propriétaire, John Boursiquot. Ce dernier fait remarquer que les commandes d’aliments qu’il reçoit ont doublé, en l’espace de trois mois.

« Nous disposons d’une liste d’aliments dans laquelle on peut choisir, par exemple du riz, des haricots, de l’huile et de la farine » affirme M. Boursiquot. Les commandes sont livrées en Haïti dans les deux heures, ajoute-t-il. « C’est un peu dur quand on mange alors que son frère, sa sœur, sa mère, son père, son grand-père, sa grand-mère n’ont pas à manger. Les gens envoient de la nourriture pour s’assurer que les leurs ont un vrai repas » fait valoir le négociant.

Un autre immigrant haïtien, Jon Pierre, envoie tous les mois des vivres à sa nièce. « Quand les gens ont faim, il faut bien faire quelque chose. Si vous n’avez rien dans le ventre depuis le matin, à la fin de la journée, vous ne vous sentez pas bien » déclare M. Pierre.

Les immigrants philippins et haïtiens souffrent de savoir leurs familles lourdement frappées par les pénuries dans leurs pays, et ils espèrent que leurs petits envois de ravitaillement empêcheront leurs proches de connaître la faim.

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