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Face à la violence, Tsvangirai renonce au second tour de l’élection présidentielle au Zimbabwe


Le chef de file de l'opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, a annoncé dimanche son retrait de la course à la présidence face au président sortant Robert Mugabe. Le leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) a jugé que ses partisans risqueraient leurs vies s’ils participaient au second tour de l’élection présidentielle prévu vendredi.

M. Tsvangirai a annoncé sa décision quelques heures après que des milliers de fidèles du président Mugabe aient empêché les partisans de l’opposition de se rassembler. Le leader du MDC a dénoncé « le simulacre de processus électoral violent et illégitime », tout en accusant les fidèles de Mugabé d’avoir tué 86 militants du MDC ces dernières semaines. Il a exhorté les Nations unies et l’Union Africaine à empêcher un « génocide ».

M. Mugabe n’a pas réagi à ces déclarations, mais le ministre zimbabwéen de la justice, Patrick Chinamasa, a dit que M. Tsvangirai s’est retiré de la course parce qu’il courrait à une défaite certaine. Le vote aura lieu, ont annoncé les autorités zimbabwéennes, à moins que le leader du MDC n’informe officiellement la commission électorale de son retrait du scrutin.

M. Tsvangirai a dit qu’il aurait de nouvelles déclarations à faire mercredi. Il a été détenu à cinq reprises durant la campagne, et le secrétaire général du MDC, Tendai Biti, est toujours incarcéré pour trahison, ce qui pourrait lui valoir la peine de mort. M. Mugabe, qui a perdu le premier tour face à M. Tsvangirai, a averti que si son rival remportait le second tour, le pays sombrerait dans la guerre civile.

La communauté internationale a vivement réagi à l'annonce du retrait de M. Tsvangirai. Les États-Unis, la Grande-Bretagne et divers autres pays ont dénoncé le régime du président Mugabe dimanche, faisant valoir que la violence politique fomentée par les autorités avait forcé M. Tsvangirai à renoncer à participer au second tour de l’élection présidentielle.

Pour la Maison Blanche, il faut que les actes de violences aveugle commis par le régime contre l’opposition doivent cesser. Dans un communiqué, l’administration Bush s’est dite prête à saisir le Conseil de sécurité de la question en début de semaine pour voir si d’autres mesures pourraient être prise contre le gouvernement Mugabe. Le Secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, a manifesté sa « profonde inquiétude » pour l’avenir de la démocratie au Zimbabwe, tout en appelant à la remise du second tour.

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