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Les inondations aux États-Unis exacerbent l’inflation


Les inondations qui frappent le Midwest, les pires en 15 ans, renouvellent les craintes d'inflation, des craintes avivées par les derniers chiffres. Le département américain du Travail annonçait mardi que les prix à la production ont augmenté plus que prévu en mai, soit de 1,4%, alors que la production industrielle diminuait de 0,2%, tandis que les mises en chantier reculaient pour leur part de 3,3%.

Les prix de l'essence ont augmenté de 9,3% en mai et ont bondi de plus de 26 % sur douze mois.

En détruisant des centaines de milliers d’hectares de cultures dans une région qui sert de grenier aux États-Unis, les inondations relancent les inquiétudes sur l’inflation. Elles touchent l’ensemble du Midwest dans le centre du pays, notamment l’Iowa, Illinois et le Wisconsin.

Selon des premières estimations, les rivières en crue ont détruit plus de 800.000 hectares de soja et plus de 500.000 hectares de maïs. Ceci aura pour effet de réduire de près de 20 % la récolte de soja du pays et de 10 % la récolte de maïs. A noter que certains experts, dont l’agronome Roger Elmore de l’université d’État de l’Iowa, sont encore plus pessimistes. M. Elmore avoue qu’il ne serait pas surpris si les rendements des champs de maïs du Midwest chutaient d’au moins 50 % cette année.

Rappelons que les États-Unis sont le principal producteur mondial de maïs et que ces pertes interviennent alors que la demande était déjà en hausse du fait de la quantité croissante de céréales allouées à la production d’éthanol. Actuellement, fait valoir M. Elmore, 30 % des récoltes de grains sont alloués à l’éthanol, et 50 % au bétail. Lundi, le maïs a atteint un nouveau record, le boisseau se chiffrant à prêt de 8 dollars.

Certains agriculteurs n’ont pas pu procéder à leurs semis à temps, d’autres constatent les ravages des inondations dans leurs champs: engrais lessivés par les trombes d’eau, semences pourries par l’humidité, jeunes pousses ravagées par la grêle.

Selon l’Association nationale des producteurs de maïs, organisme commercial axé sur les producteurs et basé à Saint-Louis, dans le Missouri, les exploitants agricoles pourraient encore produire une bonne récolte, mais seulement si la météo coopère.

A noter que les inondations ne touchent pas uniquement la récolte du maïs mais ont des répercussions sur l’ensemble de la production agricole. D’après Ron Litterer, président de l’Association nationale des producteurs de maïs, les consommateurs doivent s’attendre à l’augmentation des prix de tous les produits à base de soja, y compris le lait et des viandes comme le bœuf, le porc et poulet - des animaux nourris au grain.

Les mauvaises récoltes de maïs se répercutent également sur les prix de l’énergie, car la production d’éthanol à base de maïs fournit déjà près de 6 % des besoins nationaux en énergie.

Bref, les économistes ne sont pas très optimistes. La flambée des prix du pétrole a déjà poussé l’inflation américaine à son plus haut point depuis plus de 6 mois. La banque centrale américaine, la Fed, a même renoncé à baisser davantage ses taux directeurs pour faciliter la croissance. Elle pourrait même en venir à majorer ses taux pour combattre l’inflation qui sévit.

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