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L’eau sur Mars, peut-être trop salée pour avoir abrité la vie


Alors même que la sonde américaine Phoenix entame ses analyses de la calotte de glace d’eau sale qui se trouve sous une fine couche de sédiments dans une zone polaire de Mars, des scientifiques américains annoncent que cette eau pourrait avoir été trop salée pour permettre à la vie de se développer.

Des scientifiques de l’Université Harvard dans le Massachusetts, et de l’université Stony Brook à New York, ont analysé une roche de quatre millions d’années, en usant de données recueillies par le robot mobile américain Opportunity, et par un engin en orbite autour de Mars. Ils ont constaté que les dépôts de sel contenus dans la roche montraient que l’eau avait coulé sur la planète rouge, un triomphe pour les scientifiques qui savent que l’eau est nécessaire pour la vie.

Mais d’après les experts, dont les travaux ont été publiés dans la dernière édition du magazine Science, cette eau aurait été trop salée pour permettre à la vie d’émerger, du moins dans le Meridiani Planum, une vaste plaine de mars d’où la roche provient.

« Le Meridiani Planum, l’endroit où le robot avait atterri, pourrait avoir été le meilleur endroit de la planète où la vie aurait existé. Mais ce qui est intéressant, c’est que c’était un endroit plutôt inhospitalier en terme de salinité parce que lorsque nous avons examiné d’autres sites pour lesquels nous disposions d’informations sur les sels minéraux, nous avons découvert que la salinité était bien pire », a expliqué Nicholas Tosca, principal auteur de l’étude publiée par Science.

Néanmoins, les scientifiques n’excluent pas entièrement la possibilité que les eaux très salées de Mars n’aient jamais abrité de formes de vie. Mais tout cela a du arriver il y a très, très longtemps, fait valoir M. Tosca, et même si des formes de vie sont apparues, les conditions étaient tellement dures au regard de la salinité que la vie n’a disposé que d’une période très brève pour émerger, avant que le climat ne devienne très froid et sec, comme c’est le cas aujourd’hui.

Bref, il reviendra à Phoenix, chargée notamment d'étudier la couche de glace de Mars, d’en apprendre plus aux scientifiques, notamment sur la formation de cette couche, qui serait, croie-t-on, épaisse d’une dizaine de mètres.

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