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40ème anniversaire de l’assassinat de Robert Kennedy


Les États-Unis commémorent le 40ème anniversaire de l’assassinat de Robert Kennedy, tué par balles le 5 juin 1968 à l’hôtel Ambassador de Los Angeles, le soir même où il avait remporté la primaire démocrate de la Californie.

Robert Kennedy ne devait jamais arriver à la convention de son parti. Son rêve de diriger le pays après son frère John Kennedy, assassiné à Dallas au Texas, ne se réaliserait pas. Le sénateur de New York serait enterré au cimetière national d’Arlington dans la banlieue de Washington, aux côtés du défunt président.

L'attaché de presse du sénateur Kennedy, Frank Mankiewicz, rappelle qu’en 1968, les Américains étaient en guerre au Vietnam, alors que dans leur pays, le président Lyndon Johnson s’attachait à mettre en œuvre sa politique dite de la « Great Society », un ensemble de lois sociales visant à faciliter l’intégration des noirs et couvrant également l’aide à l'éducation, les soins de santé pour les personnes du troisième âge, la sécurité sociale ou encore la lutte à grande échelle contre la pauvreté et l’élimination des derniers obstacles au droit de vote.

Dans cette ambiance survoltée, explique M. Mankiewicz, Robert Kennedy s’attirait le soutien de ceux qui cherchaient à panser les plaies du pays. « C’était son message. Et je crois que c’est pour cela qu’il attirait des gens, qui autrement ne se seraient pas intéressés à la politique. Parce qu’ils sentaient que le pays était en crise, et que Kennedy pouvait les rassembler » estime l’ancien attaché de presse du sénateur.

Le président Johnson, échaudé par ses batailles au Congrès et par la résistance à la guerre du Vietnam, avait décidé de ne pas briguer un nouveau mandat. Ce qui laissait la voie libre à Kennedy. Peu après la mort en avril 1968 du dirigeant en faveur des droits civiques Martin Luther King, Robert Kennedy déclarait : « Les États-Unis n’ont besoin, ni de la haine, ni de la violence ou de l’anarchie, mais de l’amour, de la sagesse et de la compassion, vis à vis les uns des autres ».

Ce rêve d’unité de Robert Kennedy devait être brisé par les balles de Sirhan Sirhan, un assassin dont on ne connaîtrait jamais les motifs réels, sans savoir s’il avait agi seul ou non. La disparition de Kennedy laissait le champ libre au vice-président Hubert Humphrey, qui perdrait, face au républicain Richard Nixon.

Certains analystes comparent aujourd’hui le candidat à l’investiture du parti démocrate à la Maison Blanche, Barack Obama, à Robert Kennedy. Le ton adopté par le sénateur de l’Illinois se veut résolument optimiste et rassembleur. Mais pour M. Mankiewicz, ce n’est pas tout à fait la même chose. « Je pense que là où Obama a failli à sa réputation, c’est dans ses rapports avec l’Amérique, avec le pays, avec la base traditionnelle du parti démocrate. Les gens qui gagnent leur vie, qui paient des impôts » explique l’ancien attaché de presse de Robert Kennedy.

Quarante ans plus tard, des Américains continuent à se rendre, au cimetière national d’Arlington, sur la tombe de Robert Kennedy. Quant à ceux dont l’âge leur permet de rêver à ce qu’aurait pu être sa carrière, leur regard est empreint de tristesse.

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