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Les responsables du secteur pétrolier critiqués au Congrès


Face à la flambée des cours du pétrole, le Congrès américain a voté un projet de loi visant à cesser d’étoffer les réserves stratégiques des États-Unis au second semestre. Une mesure signée lundi par le président George Bush, même si le chef de l’exécutif n’a pas caché son scepticisme, faisant valoir qu’elle ne ferait pas grand chose pour enrayer la flambée des cours du pétrole et faire baisser les prix du carburant.

Les marchés ont donné raison au président américain puisque le baril de brut battait encore un record jeudi, dépassant les 135 dollars à New York.

De son côté, le Sénat américain a convoqué cette semaine cinq hauts responsables du secteur pétrolier, pour qu’ils s’expliquent sur leurs profits records, alors que les Américains sont confrontés à la hausse des prix du carburant, à la pompe.

Démocrates et républicains ont accusé les géants pétroliers d’engranger des profits exorbitants sur le dos des contribuables américains. Le sénateur Patrick Leahy du Vermont, qui est membre de la commission judiciaire du Sénat, a fait valoir que les profits enregistrés par les géants pétroliers au premier trimestre de 2008, se montaient à 36 milliards de dollars.

« Votre industrie n’a aucun problème à doubler, voire tripler ses profits, alors que les prix à la pompe s’affolent. Vous n’avez aucun problème à gonfler vos profits. Cela ne semble pas juste, messieurs » a renchéri le sénateur Herb Kohl, un démocrate du Wisconsin.

Les critiques font valoir qu’alors que l’économie américaine frôle la récession et que les particuliers doivent se serrer la ceinture pour payer toujours plus à la pompe, les bénéfices records des groupes pétroliers sont insultants car ils ne sont pas dus à une augmentation de la productivité de ces sociétés, mais plutôt à une montée en flèche des cours du pétrole, elle-même liée à la chute du dollar et à la spéculation.

Mais les chefs d’entreprise convoqués par le Sénat ont âprement défendu leur secteur. « Les sociétés pétrolières américaines devraient être considérées comme la clé du problème énergétique; non pas comme des boucs émissaires mais comme des atouts dans cette course énergétique mondiale » a fait valoir John Lowe, vice président de Conoco Philips.

D'autres dirigeants du secteur ont ajouté que les profits des géants pétroliers sont réinvestis dans un secteur qui doit tenir compte du long terme et nécessite des investissements considérables. L’accroissement de la demande mondiale y est pour beaucoup dans la flambée des cours de l’or noir, ont-ils dit, appelant les parlementaires américains à lever les restrictions qui pèsent sur la production pétrolière aux États-Unis.

Les responsables du secteur pétrolier ont également critiqué le projet de loi qui prévoit l’élimination de certains avantages fiscaux pour les géants pétroliers. Ils ont également dénoncé un autre projet de loi adopté cette semaine par la Chambre des représentants, mais toujours en attente au Sénat. Cette mesure autoriserait le gouvernement américain à traîner en justice l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) pour fixation illégale des prix et infraction à la législation antitrust.

A noter néanmoins que le président Bush a menacé d’opposer son veto à cette mesure, car il redoute de vives réactions des pays membres de l’OPEP.

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