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Les efforts de protection de l’environnement, affectés par la flambée des cours des céréales


Les prix à l’exportation de la quasi-totalité des céréales ont augmenté, et les agriculteurs américains entendent maximiser leur production. Mais ces projets menacent des champs placés en jachère dans le cadre de programmes visant à re-dynamiser les grandes praires américaines et leur faune et flore sauvages.

Pour les exploitants américains, la tentation est grande, les prix du blé, du riz et d’autres céréales battant tous les records sur les marchés mondiaux. On s’attend d’ailleurs à une augmentation de 7 % de la production mondiale de blé cette année, grâce à la flambée de la demande et des prix.

Les États-Unis sont le principal pays exportateur de blé. Selon Erica Peterson, spécialiste du marketing à la commission du blé du Dakota du Nord, les agriculteurs américains ont remis en culture des champs laissés en jachère ou enregistrés au sein de programmes de préservation de la nature.

« Alors qu’il y a quelques années, il était probablement plus rentable de laisser ces terres en jachère, quand les prix du blé n’atteignaient que trois ou quatre dollars le boisseau, maintenant que ces prix sont à 8, 9 ou 10 dollars le boisseau, de toute évidence, c’est plus économique de mettre les terrains en valeur » explique Mme Peterson.

Parmi ces terres: 14 millions d’hectares inscrits au programme de conservation de l'habitat, le « Conservation Reserve Program » , un programme fédéral qui consiste à verser près de deux milliards de dollars par an aux propriétaires terriens pour qu’ils acceptent de laisser en jachère certaines terres ou d’y planter des herbes, buissons et arbres. Les partisans du programme font valoir que cela aide à protéger l’environnement, notamment les sols, de l’érosion, tout en améliorant la qualité de l’air et de l’eau. De surcroît, les oiseaux et autres animaux sauvages profitent du programme.

Mais voilà, la participation au programme de réserve naturelle est arrivée à expiration l’année dernière, après 10 ans, pour un certain nombre d’agriculteurs. En 2007, beaucoup d’entre eux ont décidé de ne pas renouveler leur contrat pour planter du blé, maïs et autres céréales sur leurs terres. Le Dakota du Nord a ainsi perdu 165.000 hectares de prairie. Tant que les prix des céréales resteront élevés, la tentation sera grande, fait valoir Jim Jost, un responsable du bureau du ministère de l’agriculture qui gère le programme de conservation de l'habitat dans le Dakota du Nord.

« Vous pouvez voir que nos pertes les plus importantes dans le Dakota du Nord sont dans le sud et centre de l’État, et que ces pertes semblent être dues à une production plus importante de maïs et de soja dans cette région », explique M. Jost.

Les groupes de protection de la nature sont particulièrement émus par l’essor des bio-carburants qui, selon eux, compromet la viabilité du programme de conservation des habitats. « Nous voyons tous ces impacts positifs financés par les contribuables ces vingt dernières années disparaître, emportés par la ruée vers de nouvelles sources d’énergie, les biocarburants » affirme Scott Stephens, haut responsable de Canards illimités, une association spécialisée dans la défense des zones humides ou marécages.

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