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La pauvreté persiste en Guinée équatoriale, en dépit de la manne pétrolière


La flambée des cours du pétrole permet à des pays exportateurs, tels la Guinée équatoriale, d’enregistrer une hausse sans précédent de leurs revenus. Pourtant, de nombreux Equato-Guinéens continuent de vivre en dessous du seuil de pauvreté.

Grâce à la manne pétrolière, la Guinée équatoriale a entamé la construction d’une nouvelle capitale : Malabo II. Près du site, des ouvriers s’apprêtent à goudronner une route menant à un nouveau pont, proche d’un nouveau stade, d’un centre de conférence et de nouveaux bâtiments gouvernementaux. Le pays compterait entre 500.000 et un million d’habitants et bénéficie de l’un des revenus par habitant les plus élevés du monde.

Le pays du président Teodoro Obiang Nguema occupe, depuis quelques années, une place importante en Afrique centrale.

« La Guinée équatoriale a un pourcentage très important des ressources communes actuelles. Mais, il ne serait pas prudent pour moi de parler de ce pourcentage », a expliqué Mariola Bindang Obiang, directrice nationale de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), dont font partie, en plus de la Guinée équatoriale, le Cameroun, le Tchad, la République centrafricaine, le Gabon et le Congo.

D’aucuns pensent que les fonds de la Guinée équatoriale représentent plus de la moitié des ressources de la banque, alors qu’ils n’étaient qu’une fraction d’un pour cent avant l’ère pétrolière.

Mais pour les nombreux Equato-Guinéens qui vivent dans les bidonvilles, près de la capitale, sans eau courante ni électricité, cela ne signifie pas grand chose.

Les gens ont peur de s’exprimer, et la presse est largement muselée, affirme l’ONG de défense des médias, Reporters sans Frontières. Les journalistes étrangers de passage sont informés qu’ils ne peuvent photographier que les zones touristiques.

L’opposition équato-guinéeenne dénonce la gestion des revenus pétroliers nationaux. Ils sont contrôlés par la petite minorité au pouvoir, à commencer par le président Obiang Nguema, dit-elle. Le gouvernement consacre ces revenus à des projets très visibles, comme les sommets régionaux ou les compétitions sportives, alors qu’il est loin de fournir les services de base nécessaires tels que l’eau potable, l’éducation et les soins de santé, aux populations défavorisées du pays, dénonçaient les dirigeants de l’opposition lors d’une réunion récente à Malabo.

Ces dirigeants ont peu de possibilité d’influencer la gestion de la chose publique dans leur pays, surtout que le parti au pouvoir vient de remporter 99 des 100 sièges de l’Assemblée nationale à l’issue des dernières élections législatives.

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