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Freedom House fait le point sur les libertés aux Etats-Unis


Freedom House, un groupe de défense des droits de l’homme publie, chaque année, un rapport sur l’état des libertés dans le monde. Il a consacré un volet aux libertés dont jouissent les Américains, alors que leur pays est engagé dans une lutte contre le terrorisme. Winston Worley est venu s’installer à Washington, il y a plus de 30 ans, pour manifester contre la guerre du Vietnam. A l’époque, il tirait profit de la liberté d’expression qu’offrent les Etats Unis.

« Je peux faire tout ce que je veux dès l’instant que je n’enfreins pas la loi. Ce n’est pas comme si l’Amérique est un état policier », dit-il. Etre libre est interprété différemment par chaque Américain. « Pouvoir travailler, gagner de l’argent, acheter des choses, marcher dans la rue, pouvoir dire ce que l’on sent, ce qu’on pense », telle est la conception qu’en a Felix Torres.

Helen Thomas, journaliste chevronnée, reproche aux médias américains d’avoir fait de l’autocensure après les attaques terroristes du onze septembre 2001. « Les gens avaient peur de s’exprimer. Les journalistes américains craignaient de se voir accuser de ne pas être assez américains, de ne pas être patriotes, après ces attaques », dit-elle.

De l’avis de Mme Thomas, les libertés civiles ont souffert quand l’administration Bush a apporté des changements aux les lois régissant l’utilisation des tables d’écoute, mais aussi quand elle a modifié les règles concernant l’interrogatoire de suspects, dans des affaires de terrorisme. Bob Edwards, un animateur de radio XM, est du même avis. « Est-ce que (le président) Franklin Roosevelt a donné son accord pour que l’on pratique la torture? Je ne pense pas », a-t-il dit.

Freedom House fait observer que le droit de vote est un élément capital, en démocratie ; un droit que Lisa Smith, une femme de Washington, a toujours exercé. « On n’a pas besoin de me forcer à voter, je fais, de moi-même, mon devoir électoral », assure Mme Smith. Cependant, fait remarquer Stuart Eizenstat, un chercheur à Freedom House, certains problèmes subsistent.

« Les gens à faibles revenus ont des difficultés pour se rendre aux bureaux de vote, les machines n’enregistrent pas, avec précision, les suffrages, les prisonniers n’ont pas le droit de voter et les Etats Unis ont l’un des taux de participation électorale les plus bas de toutes les démocraties modernes », énumère-t-il.

Co-auteur de cette étude sur les libertés, Thomas Melia estime qu’avoir des divergences de vues est une bonne chose et les Etats Unis demeureront un pays libre, tant que les Américains seront prêts à débattre de ces questions.

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