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Nigeria: des fermiers zimbabwéens renouent avec l’agriculture commerciale


Des fermiers blancs ayant quitté le Zimbabwe à la suite de la réforme agraire controversée du début des années 2000, ont opté de s’installer au Nigeria. Ils semblent heureux dans leur pays d’accueil. Un groupe vit à Shonga, dans l’Etat central de Kwara.

Le gouverneur de cet Etat, Bukola Saraki, avait pris en charge les frais de voyage de ces fermiers pour qu’ils viennent se faire une idée de la situation sur place. Il leur a aussi été promis un bail de 25 ans sur des terres ainsi que des prêts bancaires cautionnés par le gouvernement.

Shonga, situé à environ 420 km de Lagos, les a immédiatement séduits. Une fois sur place, il a fallu juste une heure pour accepter l’offre des Nigérians, se rappelle Irvine Reid, un des fermiers blancs. M. Reid fait remarquer que le fleuve Niger, tout proche, constitue une source inépuisable d’eau pour l’élevage et l’agriculture. Principal producteur africain de pétrole, le Nigeria n’est pas parvenu à améliorer la condition des millions de ses citoyens qui survivent par l’agriculture.

La relance de ce secteur est la clé du développement économique du pays, estime le gouverneur Saraki qui assure que l’impact des fermiers zimbabwéens est déjà visible dans son Etat. « Je pense que le projet s’est vendu de lui-même, et maintenant, les gens en ont pris possession dans le pays, au sein de la communauté, dans l’Etat ; et c’est ce qui importe. Lorsque nous avions débuté, peu de gens y croyaient», a-t-il souligné, ajoutant que 3 000 personnes travaillent, aujourd’hui, dans les fermes commerciales de Shonga.

Les agriculteurs locaux se disent, eux aussi, satisfaits de la présence des fermiers zimbabwéens. « Tout va nettement mieux depuis l’arrivée de ce Blanc ici. M. Reid tente réellement d’aider les gens qui travaillent pour lui. (…) Tout est en train de se développer et nous en remercions Dieu,» exulte Musa Mogadi, un habitant de Shonga.

Pour leur part, les fermiers zimbabwéens n’arrêtent de s’émerveiller au sujet du Nigeria. « Le potentiel est immense. Il y a beaucoup de bouches à nourrir ici et l’agriculture commerciale est une nouvelle activité pour beaucoup de Nigérians. C’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous y prenons part », exulte Irvine Reid; ce qui n’empêche des fermiers comme Paul Retzlaff de penser au Zimbabwe qui, disent-ils, reste leur pays malgré tout.

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