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La Guinée Bissau et le Sénégal ont renforcé leur coopération en matière d’exploitation de leurs ressources halieutiques 


Les pêcheurs sénégalais pourront désormais exploiter les eaux territoriales de Guinée Bissau. La coopération entre les deux pays dans le domaine de la pêche sera formalisée par un nouveau protocole d’application de la Convention de 1978 régissant la pêche maritime entre le Sénégal et la Guinée Bissau.

Un responsable de la pêche de Dakar, Bahe Beye, s'est félicité de cette décision, qui, a- t-il dit-, permettra aux sénégalais de mieux concurrencer les flottes européennes.

Les pêcheurs sénégalais qui exploitent les eaux maritimes de Guinée Bissau devront obtenir au préalable des permis d’exploitation de produits halieutiques, dont le coût viendra arrondir les revenus du gouvernement de Bissau.

Selon Karl Gustaf Lundin, chef du programme marin global de l'Union Internationale de Conservation de la nature, ce renforcement de la coopération régionale pourrait aider à protéger les stocks halieutiques. « Ce dont nous avons besoin, c’est d’une évaluation appropriée des stocks, d’une réduction des efforts et d’une répartition des quotas entre les différentes parties actives dans les pêches », explique M. Lundin.

La surexploitation des ressources halieutiques reste un problème. Selon une étude réalisée par le Canada, le déclin des stocks de poisson d’Afrique de l’Ouest se chiffrerait à 50 % ces 30 dernières années. Cette situation est surtout due aux accords entre les gouvernements Ouest-africains et européens, qui donnent aux flottes de ces derniers accès aux eaux territoriales Ouest-africaines en échange d’argent et de programmes de formation. Les gouvernements de la région tentent depuis plusieurs années de renégocier des termes plus favorables.

Selon le ministre sénégalais de l’Economie maritime, des Transports maritimes, de la Pêche et de la Pisciculture Souleymane Ndéné Ndiaye, l’accord inter-africain devrait permettre aux pays de la sous région d’exercer davantage de pression lors de la renégociation des accords de pêche avec l’Union européenne.

Par ailleurs, selon l’Agence France Presse, le ministre a annoncé que son département engagerait une concertation avec les acteurs de la pêche artisanale, pour les amener à accepter l’idée d’un repos biologique. Ce repos consiste à ne pas pêcher sur une zone marine pour une durée donnée, afin de laisser le temps aux poissons de se reproduire. Evoquant l’exemple de la Mauritanie où les acteurs de la pêche artisanale ont été amenés à adopter le repos biologique, M. Ndiaye a indiqué à l’AFP que dans un premier temps, le repos biologique a été vivement critiqué, avant que l’amélioration des prises ne fasse ressortir ses avantages.

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