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Tchad: scepticisme au sujet du nouveau gouvernement


Une semaine après sa nomination par le président Idriss Déby Itno, le Premier ministre tchadien Youssouf Saleh Abbas vient de publier la liste de son gouvernement composé de 37 membres. Quatre opposants, membres de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC) font leur entrée dans ce gouvernement.

C’est ainsi que le ministère de la Défense est confié au général Wadal Abdelkader Kamougué, tandis que le ministère de la Justice est confié à Jean Bawoyeu Alingué, autre figure de l’opposition. Naimbaye Lossimian à l’Agriculture, et Ahmit Mahamat Dalob à l’aménagement du territoire, Beaucoup de ministres conservent leur poste, nous dit notre correspondant François Djékombé. Saleh Kebzabo, un des membres de la CPDC, juge insuffisant le nombre des postes attribués à l’opposition.

Interrogé sur la mise en œuvre de l’accord signé le 13 août 2007 entre le gouvernement et la CPDC et qui doit aboutir à des élections démocratiques en 2009, M. Kebzabo a dit que cela ne serait possible que si le président Idriss Déby Itno en donne la latitude au Premier ministre. Assurant que la coalition de l’opposition n’a pas renoncé à son exigence que le gouvernement fasse la lumière sur la disparition du porte-parole de la CPDC, Ibni Oumar Mahamat Saleh, Saleh Kebzabo a fait remarquer que la présence de membres de la CPDC au sein du gouvernement « pourrait donner un coup d’accélérateur » à ce processus.

Ali Golhor, un autre député de l’opposition, juge « inopportune » l’entrée des membres de la CPDC au sein du gouvernement. « C’est comme si nous passions l’éponge sur l’affaire de Ibni Oumar Saleh ; il a été notre porte-parole, il a dirigé la CPDC avec droiture, il a assumé correctement sa mission », a-t-il déclaré.

Certains Tchadiens estiment que les changements apportés au gouvernement ne vont pas assez loin. D’autres se demandent si l’entrée des opposants dans le gouvernement ne vise pas à diviser l’opposition, surtout, disent-ils, que « tout est entre les mains du chef de l’Etat. »

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