Liens d'accessibilité

Afrique: les industries extractives profitent peu aux régions productrices


En Afrique de l’Ouest, l’or, la bauxite, l’uranium et d’autres minéraux sont extraits chaque jour, mais les populations locales ne bénéficient pas des revenus qu’ils génèrent. Lors d’une récente réunion, à Dakar, des experts du développement et de la défense des droits de l’Homme ont mis l’accent sur la nécessité, pour les gouvernements et les sociétés minières, de s’assurer que les habitants en voient aussi les retombées.

Les riverains des sites d’extraction ont participé aux rencontres -les premières d’une série de consultations sur le nouveau code minier de la CEDEAO. Onze pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale étaient représentés à cette réunion qui a également vu aussi la participation de l’ONG humanitaire Oxfam America.

Joana Manu est fermière au Ghana. Elle a déjà été arrêtée pour avoir exploité un bout de terrain dont une compagnie minière disait être propriétaire. « L’agriculture est notre seule source de revenu. Dans notre communauté, le niveau d’éducation est si bas que c’est notre seul moyen de survie. Quand ces compagnies arrivent et que le gouvernement leur loue la terre, ça veut dire qu il nous faut arrêter notre exploitation du sol ; alors, comment faire pour nourrir nos enfants ? Je pense qu il devrait y avoir une loi qui protège les résidents », a dit Mme Manu. Après s’être défendue devant la justice, Manu a pu reprendre ses activités.

Mais les membres de la délégation ghanéenne à la conférence ont dit que ça n’était pas le cas pour tout le monde. Les extractions minières poussent souvent des familles à s’installer ailleurs et sont néfastes pour la production agricole. De récentes manifestations en Afrique de l’Ouest à propos de la hausse des prix des denrées n’ont fait qu’accentuer le besoin de sauvegarder les productions locales.

Mamadou Biteye est directeur régional d’Oxfam America. Selon lui, il y a une grande compétition entre les opérations minières et les activités socio-économiques traditionnelles comme l’agriculture. M. Biteye dit que les gouvernements et les compagnies minières sont tous responsables. Les communautés ont le droit à un développement harmonieux et durable, estime-t-il. Elles peuvent prétendre à un environnement sain, propre et sûr, Et c'est la responsabilité des Etats de leur procurer cela, a-t-il ajouté.

Helen Cissé, avocate à Dakar, pense qu’un partenariat intelligent entre les parties concernées est le seul moyen de rendre les exploitations minières rentables sur le long terme. Selon elle, les gouvernements et la société civile doivent prendre des mesures pratiques pour que la réalité sur le terrain corresponde aux conventions sur les droits de l’Homme qui existent déjà.

XS
SM
MD
LG