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Feu vert de la Cour suprême aux exécutions par injection


La Cour suprême a autorisé mercredi la reprise des exécutions par la méthode de l'injection mortelle, jugeant qu’elle n’était pas un « châtiment cruel et inhabituel », interdit par la constitution américaine.

Ces exécutions, au niveau du gouvernement fédéral et de 36 Etats du pays, étaient suspendues depuis plus de 6 mois, un moratoire informel institué dans l’attente de la décision des 9 sages.

Les avocats de deux condamnés du Kentucky, dans le centre du pays, avaient interjeté appel, faisant valoir que cette méthode d’exécution était anti-constitutionnelle. Leur argument : les poisons étaient fréquemment administrés aux condamnés par des responsables peu ou mal formés. Et en cas d’injection maladroite de l’anesthésiant, cela pouvait provoquer chez le condamné des souffrances atroces.

Par 7 voix contre deux, la Cour suprême a rejeté la requête des avocats. A noter que cet arrêt ne s'applique qu'au Kentucky et laisse la porte ouverte au débat dans d’autres régions du pays. Néanmoins, en Virginie, le gouverneur Tim Kaine a immédiatement levé le moratoire sur les exécutions, et on pense que les autres Etats qui appliquent la peine de mort en feront de même.

Brian Evans, un responsable d’Amnesty International, l’organisation de défense des droits de la personne humaine qui est farouchement opposée à la peine de mort, estime que la controverse continuera. « Nous ne pensons pas que cela aura un grand impact à long terme. Cet arrêt porte sur une certaine forme d’exécution, mais ne traite pas des problèmes fondamentaux posés par la peine de mort, à savoir les préjugés du système juridique, son racisme, et le fait que des innocents continuent de se retrouver au banc des condamnés. Depuis que la Cour suprême a accepté de se prononcer sur ce cas en septembre 2007, quatre autres condamnés à mort ont été exonérés », a souligné M. Evans.

Pour John Holdridge de l’ACLU, une association américaine qui s’est donnée pour mission de « défendre et préserver les droits et libertés individuelles garanties à chaque personne par la Constitution et les lois des États-Unis », il est trop tôt pour mesurer l’impact de l’arrêt. « Les sondages montrent que le soutien pour la peine de mort est à son niveau le plus bas depuis de nombreuses années. De plus en plus de gens deviennent très mal à l’aise concernant cette pratique. C’est avant tout parce que le processus est truffé d’erreurs » affirme M. Holdridge de l'Union américaine pour les libertés civiles. Et puis, infliger la peine de mort coûte trop cher à l’Etat. Il est beaucoup moins cher d’opter pour la réclusion à perpétuité vu qu’il y a possibilité de multiples recours en appel lorsqu’on inflige la peine capitale, ajoute le juriste.

A noter que la Cour suprême a examiné mercredi s'il était excessif de condamner à mort un homme qui a violé une fillette, mais sans tuer sa victime. Traditionnellement, la peine de mort est appliquée dans les cas de meurtres seulement. La décision sera connue d’ici au mois de juillet.

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