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Derniers préparatifs en vue de l’arrivée du pape Benoît XVI


Le souverain pontife sera accueilli mardi par le président George W. Bush à son arrivée à Washington pour une visite de 6 jours sur la côte est des États-Unis.

Benoît XVI célébrera une messe le 17 avril dans le nouveau stade de 46.000 places des Nationals, équipe de base-ball de la capitale américaine. C’est seul événement public prévu dans son emploi du temps à Washington. Le pape se rendra ensuite à New York, où il s'adressera aux Nations unies et s'arrêtera dans une synagogue. Il visitera également le site de Ground Zero et célébrera une messe dans un autre stade, le Yankee Stadium. L’intérêt pour son séjour américain est énorme, l’enthousiasme palpable.

« On peut parler d’excitation et d’anticipation. Je pense que parmi les étudiants, l’enthousiasme est allé croissant pendant tout le semestre. C’est l’un des principaux sujets de conversation sur le campus », explique James Brennan, vice-recteur de l’université catholique de Washington.

On recense environ 67 millions de catholiques aux États-Unis, soit 22 % de la population, mais les diocèses sont de plus en plus diversifiés d'un point de vue ethnique. Près de 30 % des catholiques américains sont des hispaniques, et leur nombre croît rapidement.

Les catholiques américains sont également très divisés au plan de la doctrine. Des sondages montrent que 97 % des catholiques romaines ont recours à des moyens de contraception artificiels. Parmi elles, 58 % disent qu’elles ne voient pas pourquoi elles suivraient la position de leur évêque en ce qui concerne l’avortement.

Jon O’Brien, président des Catholiques en faveur du choix, espère que le pape sera attentif à cette diversité de l’église catholique américaine. « J’espère qu’il profitera de ce voyage aux États-Unis pour écouter ceux qui souhaitent parler des difficultés, des problèmes et des défis auxquels l’église catholique est confrontée », affirme M. O’Brien.

Parmi ces problèmes: une longue histoire d'abus sexuels sur des enfants, concernant des centaines de prêtres. L'église catholique américaine a dû verser des centaines de millions de dollars aux victimes à la suite de la série des scandales qui ont éclaté ces 10 dernières années. Certains diocèses ont du même déclarer faillite. La presse américaine se demande si Benoît XVI apportera aux États-Unis les excuses officielles de l'église catholique romaine par rapport à ce dossier.

Avant de devenir le pape Benoît XVI, le cardinal Joseph Ratzinger était Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Intransigeant sur la doctrine, il avait la réputation d’être très conservateur, ce qui lui avait valu le surnom peu charitable de “Rottweiler de Dieu”. Doyen du collège des cardinaux depuis 2002, il a été élu pape le 19 avril 2005.

Depuis, son image de marque s’est adoucie, ses encycliques insistant sur le fait que Dieu est avant tout amour, un amour qui doit se communiquer aux autres, notamment aux pauvres, aux marginalisés et aux opprimés.

Même s’il arrive en pleine campagne pour l’élection présidentielle de novembre, le Pape ne devrait pas s’immiscer dans les débats entre républicains et démocrates. De toute façon, aucun des candidats n’est catholique. Néanmoins, Benoît XVI aura droit à un honneur insigne, puisque M. Bush fera ce qu’il n’a jamais fait, ni pour la Reine d’Angleterre, ni pour aucun chef d’État étranger. Le président américain ira, en effet, l’accueillir en personne à la base aérienne d’Andrews près de Washington.

Une cérémonie d’accueil officielle est prévue mercredi matin à la Maison-Blanche, avant que Benoît XVI ne monte dans la “papa mobile”, sa voiture spéciale, pour circuler dans la capitale fédérale américaine.

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