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La situation au Tibet, source d’inquiétude pour la Maison-Blanche et le Congrès


Le président George W. Bush prie instamment les dirigeants de Pékin d’entamer des pourparlers avec le Dalaï-Lama, le chef spirituel du bouddhisme tibétain. Pour le chef de l’exécutif américain, le Dalaï-Lama est un homme de paix, hostile à la violence. Il ne cherche pas à obtenir l’indépendance mais la sauvegarde de l’identité culturelle des Tibétains.

Pour sa part, la Chambre des représentants a voté jeudi une résolution condamnant la répression, par les autorités chinoises, des récentes manifestations au Tibet. Elle a également exhorté Pékin à entamer des discussions directes, sans préalables, avec le Dalaï-Lama sur l'avenir de la région.

Parrainée par la présidente de la Chambre, la démocrate Nancy Pelosi, cette résolution dénonçait ce qu’elle a appelé la répression culturelle, religieuse, économique et linguistique au Tibet. « Si nous, et les peuples épris de liberté de par le monde, ne prenons pas la défense des droits de l’homme en Chine et au Tibet, nous perdrons toute autorité morale pour en parler, ailleurs dans le monde », a fait valoir Mme Pelosi.

Des propos condamnés par Pékin, qui a accusé la présidente de la Chambre de fermer les yeux, face aux violences commises par les émeutiers au Tibet et ailleurs. A noter que Mme Pelosi ne s’est pas rangée aux côtés de ceux qui préconisent un boycott des Jeux Olympiques de Pékin. Mais elle a suggéré au président Bush d’envisager la possibilité de ne pas assister aux cérémonies d’ouverture de ces jeux.

Adoptée par 413 voix contre une, la résolution de la Chambre des représentants demande également à la Chine de libérer les Tibétains emprisonnés, après avoir participé à des manifestations pacifiques et d’autoriser des observateurs étrangers et des journalistes à avoir librement accès au Tibet et aux régions où vivent des Tibétains sur son territoire.

Certains députés républicains sont tout aussi remontés contre la Chine que leurs collègues démocrates. La répression continue pratiquée par Pékin, et son refus de respecter les droits de l’homme, ne vont pas manquer d’attirer l’attention lors des jeux cet été, a souligné la députée de Floride, Ileana Ros Lehtinen, une républicaine.

Plusieurs députés républicains comptent d’ailleurs introduire prochainement à la Chambre un projet de loi qui empêcherait tout responsable du gouvernement fédéral d’assister aux Jeux Olympiques de Pékin. Ce projet de texte invite également le département d’État à revoir sa décision de ne pas inclure la Chine sur la liste des pays coupables de violations systématiques des droits de la personne humaine. Il lui demande aussi d’appliquer le « Tibetan Policy Act », une loi votée en 2002, qui prévoit notamment la création d'un coordonnateur spécial des questions tibétaines au département d'État, l'adoption de principes de développement responsable pour l'activité économique au Tibet et un énoncé de politique réaffirmant l'engagement des États-Unis à promouvoir le dialogue entre Pékin et le Dalaï-Lama ou ses représentants.

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