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Kenya: Kibaki, Odinga discutent de la composition du prochain cabinet


Le président kenyan, Mwai Kibaki, et le premier ministre, Raila Odinga, se sont rencontrés mardi soir pour discuter de la composition du prochain cabinet. Selon l’accord de partage du pouvoir signé le 28 février entre le Parti de l'unité nationale (PNU) de M. Kibaki et le Mouvement démocratique orange (ODM) de M. Odinga, les deux partis sont censés avoir le même nombre de portefeuilles au sein du nouveau gouvernement. Ce qui conduit les analystes à prédire des négociations acharnées entre les deux dirigeants qui cherchent tous deux à placer leurs alliés à des postes clés.

Les pourparlers sont également compliqués par le fait que le président Kibaki a nommé les titulaires des ministères des finances, affaires étrangères et sécurité intérieure entre autres peu après avoir prêté serment en décembre dernier pour son second mandat. Résultat : il pourrait être contraint de céder certains de ces postes à l’opposition, à son grand regret.

Une chose est certaine en tout cas. Vu que Messieurs Kibaki et Odinga souhaitent tous deux accorder des portefeuilles à leurs alliés, le cabinet devrait comprendre une pléthore de ministres, au moins autant que les 34 déjà en fonction. Or certains dirigeants de la société civile ont appelé la classe politique à faire un effort pour réduire le nombre des ministères, en soulignant que l’argent consacré aux salaires des ministres pourrait être mieux utilisé ailleurs.

« Ils font du chantage aux kenyans. Si vous souhaitez que cette coalition fonctionne, cela ne peut réussir que si elle est large, si tout le monde y entre » explique Cyprian Nyamwamu, directeur exécutif du « National Convention Executive Council », le Conseil exécutif pour une convention nationale, une alliance de groupes de la société civile. Sinon, les dirigeants politiques ont fait entendre que les violences pourraient reprendre. Le problème, ajoute M. Nyamwamu, c’est qu’on ne peut alors parler que d’une victoire à la Pyrrhus, puisqu’elle n’est pas accompagnée de réformes ni de changements.

Il faudrait également, ajoute le directeur exécutif du « National Convention Executive Council », nommer au cabinet des personnes intègres, d’autant qu’il sera plus difficile de mettre à jour les malversations s’il s’agit d’un gouvernement de coalition, privé des rivalités normales entre le parti au pouvoir et celui d’opposition. Les groupes de la société civile souhaitent également qu’on intègre un nombre important de femmes et de jeunes gens au sein du nouveau cabinet.

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