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Les fichiers de passeport d'Obama, McCain et Clinton, consultés sans permission


Le département d’État américain, déconfit, après la découverte que les fichiers informatiques contenant les données personnelles des passeports des trois candidats à l’élection présidentielle de novembre 2008 ont été consultés sans autorisation.

L’inspecteur général du département d’État procèdera à une enquête en profondeur, a déclaré le porte-parole du ministère, Sean McCormack. Il a précisé que la secrétaire d’État Condoleezza Rice avait contacté la sénatrice de New York Hillary Clinton et le sénateur de l’Illinois Barack Obama, tous deux candidats à l’investiture du parti démocrate, pour exprimer sa préoccupation face à ces intrusions. Mme Rice va également discuter de la situation avec le candidat présumé du parti républicain, le sénateur de l’Arizona John McCain, qui se trouve actuellement à Paris.

« Je dois vous dire que nous prenons très au sérieux la confiance qu’on nous fait, de préserver les données personnelles des citoyens américains », a fait valoir M. McCormack.

Trois personnes différentes ont accédé illégalement aux fichiers informatiques contenant les données personnelles du passeport de M. Obama. L’une d’entre elles a également regardé le dossier de M. McCain, a précisé le porte-parole du département d’État. Le fichier de Mme Clinton a été consulté lors d’une séance de formation, et l’employé concerné a été réprimandé immédiatement.

Ces personnes, qui travaillaient pour des sociétés sous contrat avec le département d’État, n’ont aucun lien entre elles et avaient été embauchées pour concevoir et entretenir les systèmes informatiques en question. Deux des trois ont été limogées, tandis que la troisième a été suspendue. Elles semblent avoir été motivées par une curiosité qualifiée de « malheureuse » par M. McCormarck.

Apparemment, les responsables du département d’État ignoraient tout de l’affaire, et n’ont découvert le pot aux roses qu’après qu’un journaliste eût pris contact avec le ministère pour demander des explications. Dans le cas du sénateur Obama, au moins trois responsables auraient dû immédiatement informer la direction de la situation. Ils n’ont pas encore été sanctionnés.

Un porte-parole de M. Obama , Bill Burton, s’est indigné, jugeant « outrageante » cette atteinte à l’intimité du sénateur. Le bureau de Mme Clinton a fait savoir qu’elle suivrait la situation de près. John McCain, qui s’exprimait à Paris au terme d’un entretien avec le président Nicolas Sarkozy, a dit attendre des excuses, ainsi que les résultats d’une enquête en profondeur sur l’affaire.

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