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Kenya : le parlement se penche sur l’accord de partage du pouvoir


La session parlementaire a repris au Kenya, où le Président Mwai Kibaki a exhorté les députés à voter en faveur de la loi sur le partage du pouvoir négociée avec son rival politique Raila Odinga. « Je crois que les membres de cette honorable Assemblée reconnaîtront que cet accord constitue une victoire pour tous les Kenyans, et qu il permettra de jeter les bases de la paix et de la stabilité dans notre pays», a-t-il dit dans un discours au parlement. L’accord kenyan de partage du pouvoir prévoit la création d’un nouveau poste de Premier ministre, qui devrait revenir à Raila Odinga, ainsi qu’un gouvernement qui comprendrait des membres du parti présidentiel et du Mouvement démocratique orange de M. Odinga.

Le Parlement doit maintenant entériner l’accord et amender la Constitution pour permettre les changements qui ont été négociés. MM. Kibaki et Odinga ont demandé à leurs partisans de soutenir cette législation, mais des questions subsistent, notamment concernant les pouvoirs spécifiques du Premier ministre. Un autre point d’interrogation concerne la répartition des différents portefeuilles ministériels. Le président Kibaki a déjà désigné plusieurs ministres de sa mouvance à des postes clé tels que la Défense, les Affaires Etrangères, la Justice ou les Finances. Mais M. Odinga voudra certainement que certains de ces ministères reviennent à des membres de son Mouvement démocratique orange.

Enfin, quelques inquiétudes persistent à propos de ce qu’il adviendra en cas d’échec de la coalition. Les deux leaders avaient déjà signé un accord similaire avant l’élection, mais il n’a jamais vu le jour, et M. Odinga avait ensuite quitté le gouvernement. Dans son allocution au parlement, le Président Kibaki a également évoqué la vague de violence qui a entraîné la mort de 1500 personnes et en a déplacé plus de 300 000 autres. « Les événements de ces deux derniers mois nous ont donné l’occasion de faire un travail d’introspection sur nos forces et nos faiblesses en tant que Nation », a déclaré le président Kibaki. Une commission Vérité, Justice et Réconciliation verra bientôt le jour. Elle aura à charge d’enquêter sur les violations des droits de l’homme commises à travers le pays et de rendre un rapport dans six mois.

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