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Visite historique de l’Orchestre philharmonique de New York à Pyong Yang


L’Orchestre philharmonique de New York a donné, mardi, un concert historique à Pyong Yang. Cette initiative vise à contribuer à un dégel des relations entre les Etats Unis et la Corée du Nord. En lever de rideau, l’orchestre new yorkais a joué l’hymne national de la Corée du Nord, avant d’interpréter « La Bannière étoilée », l’hymne national américain. Le concert a été retransmis à la radio et à la télévision, dans toute la Corée du Nord, dont le régime a toujours décrit les Etats Unis comme un agresseur hostile.

Selon les observateurs, la visite de l’Orchestre Philarmonique de New York s’apparente, dans une certaine mesure, à la diplomatie du ping-pong de l’administration Nixon en direction de la Chine dans les années 70. Après une interprétation de « La symphonie du Nouveau monde » du Tchèque Antonin Dvorak, le chef d’orchestre Lorin Maazel s’est permis une pointe d’humour, quand il a présenté « Un Américain à Paris », l’œuvre de George Gershwin. « Peut-être qu’un jour un compositeur rédigera une oeuvre intitulée ‘les Américains à Pyong-yang’ », a-t-il dit.

Le leader nord-coréen Kim Jong Il n’a pas assisté pas au concert de Pyong Yang, mais de hauts responsables du régime se trouvaient dans la salle. L’orchestre de New York a achevé son programme avec un arrangement d’Arirang, un chant tiré du folklore coréen, qui fait office d’hymne non officiel pour les deux Corées.

De l’avis des experts, beaucoup de choses ont changé en Corée du Nord, depuis que Pyong Yang s’est mis à développer ses contacts avec Séoul, à la suite de leur sommet, en l’an 2000. La Corée du Nord n’est plus aussi isolée que par le passé et des concerts comme celui-ci sont d’une importance vitale pour amener Pyong Yang à s’ouvrir davantage.

Cependant, Brian Meyers, chercheur à l’université Dongseo, en Corée du sud, estime que ce concert visait plus à donner aux Américains l’illusion d’un rapprochement avec Pyong Yang qu’à changer la nature du régime. M Meyers fait observer que, des mois après la confirmation de cette représentation, les média nord-coréens continuaient d’appeler à « une sanglante épreuve de force » avec les Etats Unis. Kim Jong Il, dit Meyers, a besoin de cultiver l’anti-américanisme, pour faire oublier l’extrême pauvreté de son pays, - elle-même le résultat de décennies de mauvaise gestion de l’économie.

Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères estime, de son côté, que le concert de Pyong Yang est une occasion d’améliorer la compréhension et la confiance entre la Corée du Nord et les Etats Unis.



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