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La bataille est engagée pour le rachat de Yahoo!


Microsoft a offert de payer 31 dollars pour chaque action de Yahoo!, ce qui représente une prime d'environ 60 % sur la valeur du titre de l'entreprise fondée en 1995. « Nous avons réfléchi et j’y ai pensé moi-même pendant longtemps, et nous sommes convaincus que c’est une bonne voie pour Microsoft et Yahoo! » a fait valoir le PDG de Microsoft, Steve Ballmer.

Dimanche, la société Google, qui comprend notamment le premier moteur de recherche mondial, a protesté contre ce projet de rachat. La transaction proposée « remet en cause les fondements mêmes d'Internet concernant la liberté, l'ouverture et l'innovation » a déclaré David Drummond, le directeur juridique de Google.

Si Google domine largement dans les marchés de la recherche sur le Web et de la publicité en ligne, l'union de Microsoft et Yahoo! représenterait la création d'un adversaire de taille.

M. Drummond a donc lancé un appel aux autorités de réglementation de plusieurs pays, leur demandant de vérifier si la transaction ne contrevient pas à leurs lois antitrust. « Voulons-nous que Microsoft exerce une influence négative et illégale sur Internet comme à l'époque où elle le faisait pour promouvoir Windows sur l'ensemble des PC », a demandé le directeur juridique de Google. Une alliance entre Microsoft et Yahoo! pourrait limiter l’accès gratuit des internautes aux services de messagerie, services web ou messagerie instantanée, a-t-il ajouté.

Ici à Washington, une porte-parole du ministère de la Justice a dit à l’Associated Press que la division anti-trust du ministère étudierait certainement ce projet d’acquisition.

A Wall Street, les réactions sont mitigées. Un analyste du Fifth Third Asset Management, Jon Fisher, a souligné que le rachat de Yahoo! est une décision inhabituelle pour Microsoft, qui d’habitude cherche à acquérir des sociétés plus petites et innovatrices. « Ce n’est pas typique des acquisitions réalisées par Microsoft ces 15 à 20 dernières années. Donc, je m’interroge sur leur capacité à intégrer une société aussi importante. Deuxièmement, ils ne rachètent pas en général des entreprises en difficulté », a fait valoir M. Fisher.

Le conflit entre Microsoft et Google reflète le nouvel ordre économique aujourd'hui sur le Web: d’un côté les services gratuits financés par la vente d'espaces publicitaires sur Internet, de l’autre le monde du logiciel, où la vente de licences prévaut.

Rappelons que la Commission européenne a annoncé à la mi janvier l'ouverture de deux nouvelles enquêtes antitrust envers Microsoft, soupçonné d'abus de position dominante. Les enquêtes concernent cette fois-ci, entre autres, la suite Office, et le navigateur Internet Explorer.

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