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L’énergie renouvelable ou verte, en pleine expansion aux États-Unis


Le secteur a connu un essor remarquable en 2006, mais ses dirigeants souhaitent que le Congrès intervienne, pour assurer son avenir à long terme.

Par « renouvelables », on entend des énergies non fossiles: éolienne, solaire, géothermique, marémotrice, hydroélectrique, biomasse, gaz de décharge, gaz de stations d'épuration des eaux usées et biocarburants. 2007 a été une année record pour ce secteur, dont le chiffre d’affaires a atteint quelque 20 milliards de dollars, tout en créant des dizaines de milliers d’emplois.

Selon le directeur exécutif de l’Association américaine de l’énergie éolienne Randy Swisher, le marché de l’énergie éolienne a augmenté de 45 % en 2007, ce qui a fait des États-Unis le leader mondial de ce secteur pour la troisième année consécutive.

L’énergie solaire est également en pleine expansion, fait valoir de son côté Rhone Resch, président de l’Association des industries de l’énergie solaire. « 2007 a été une année record pour l’énergie solaire, avec 314 mégawatts de puissance installés aux États-Unis, soit une hausse de 125 % par rapport à 2006 » explique M. Resch.

Même succès du côté de l’énergie géothermique, avec 40 % de nouveaux projets en 2006, sans oublier l’hydroélectricité.

Selon les analystes, l’essor du secteur de l’énergie verte est dû en partie aux politiques adoptées par les États de l’union, qui ont exigé la diversification de leurs ressources énergétiques, et aux avantages fiscaux accordés par le gouvernement fédéral.

Aux États-Unis, l'État fédéral accorde des avantages aux sociétés productrices d'électricité et à divers producteurs d'énergie renouvelable, ce qui permet de réduire le coût de production et de rendre l'énergie verte plus abordable. Par ailleurs, les particuliers ont eu droit, ces dernières années, à des crédits d’impôt, selon les sommes qu’ils avaient investies dans des énergies renouvelables.

Mais le Congrès américain a éliminé certaines de ces incitations de la loi fiscale sur l’énergie, pour l’exercice budgétaire 2007. Selon M. Resch, la perte de ces avantages fiscaux devrait se traduire par l’élimination de centaines de contrats, et donc des suppressions d’emplois.

« Plus précisément, si les crédits à l’investissement dans l’énergie solaire ne sont pas renouvelés et étendus rapidement en 2008, on pourrait assister à une perte de plus de 40.000 emplois de haute qualité aux États-Unis, d’ici à 2009 » avertit le président de l’Association des industries de l’énergie solaire.

Dans un communiqué publié cette semaine, l’Association américaine de l’énergie éolienne et divers autres groupes dit « verts » ont appelé le Congrès et le peuple américain à aider à sauver leurs industries.

Le président du Worldwatch Institute, organisme de recherche sur les problèmes de l’environnement, pense que le Congrès réagira positivement, en attendant le jour où le secteur sera suffisamment développé. « Par exemple, certaines de ces technologies n’auront peut-être pas besoin d’incitations fiscales, d’ici quatre à cinq ans, et donc on pourra les éliminer graduellement. D’autres technologies commencent tout juste à être commercialisées », explique Christopher Flavin.

Le président du Worldwatch Institute se veut optimiste. Il pense que les énergies renouvelables deviendront rapidement compétitives avec les énergies fossiles, telles le charbon, le gaz naturel ou le pétrole.

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