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Le Congrès tente toujours de savoir qui a autorisé la destruction par la CIA de vidéos d'interrogatoires à Guantanamo Bay


La controverse se poursuit concernant la destruction, par la CIA, de vidéos d'interrogatoires musclés de suspects de terrorisme détenus à la prison de Guantanamo Bay à Cuba. On reproche à l’agence de renseignement et à l’administration Bush d’avoir caché, au Congrès, l'existence de ces enregistrements.

Cette semaine, un avocat de la CIA,John Rizzo, a témoigné à huis clos devant la Commission du renseignement de la Chambre des Représentants. Les vidéos en question ont été réalisées en 2002, lors des interrogatoires d’Abou Zoubaydah, un membre influent présumé du réseau d'Oussama ben Laden arrêté au Pakistan, et d’Abdel Rahim al-Nachiri, soupçonné d'avoir été impliqué dans l'attentat contre le bâtiment de guerre de la marine américaine, le USS Cole, au Yémen, en l'an 2000.

Par la suite, les deux hommes ont affirmé avoir subi le sévice du « waterboarding » ou simulacre de noyade.

Selon le directeur de la CIA Michael Hayden, la Maison Blanche n’a joué aucun rôle dans la destruction, en 2005, des vidéos en question.

Néanmoins, les parlementaires américains souhaitent toujours entendre Jose Rodriguez, l'ancien responsable de la CIA qui a ordonné la destruction de ces enregistrements. Ce dernier exige, pour ce faire, bénéficier de l’immunité, et il a refusé de comparaître mercredi, sur le conseil de son avocat.

Le député démocrate Silvestre Reyes, qui préside la Commission du renseignement à la Chambre des représentants, a souligné au terme de l’audition de John Rizzo qu’en dépit de tous les détails fournis par l’avocat de la CIA, le Congrès ignorait toujours pourquoi il n’avait pas été informé de la destruction de ces vidéos. « On m’a dit que c’est Jose Rodriguez qui a pris cette décision » a dit le député Reyes. L’enquête commence à peine mais je suis d’accord avec mon collègue républicain, Pete Hoekstra, pour dire que M. Rodriguez est une personne très importante qu’il faut faire comparaître devant la commission, a-t-il ajouté.

Se faisant l’écho du démocrate, M. Hoekstra a également affirmé qu’il était impératif d’entendre Rodriguez. Il s’est également plaint du fait que démocrates et républicains ne se soient pas encore mis d’accord sur la façon de procéder, notamment sur la question de l’immunité réclamée par Rodriguez. « Pour savoir toute la vérité, il faut que M. Rodriguez offre sa version des faits, identifie qui lui aurait donné l’autorité de prendre la décision de détruire les vidéos, une décision que nombre de personnes lui attribuent » affirme le député Hoekstra.

M. Reyes a fait valoir que démocrates et républicains négocient encore un accord, mais qu’au besoin, les députés n’hésiteront pas à convoquer des membres de l’administration Bush.

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