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Les Hispaniques s’intègrent mieux qu’on ne croit, révèle une étude 


Il n’est pas rare que les immigrants latino-américains soient critiqués par les Américains de souche, qui leur reprochent leur incapacité présumée à s’assimiler au reste de la population. Mais il se pourrait qu’il s’agisse là d’un mythe, révèle une nouvelle étude réalisée par l’organisme de recherche sur l’Amérique latine Pew Hispanic Center, basé aux États-Unis.

Les analystes du centre se sont penchés sur les résultats de six études portant sur l’aptitude de plus de 14.000 adultes latino-américains à parler l’anglais. Ils ont détecté de profonds contrastes, explique une porte-parole du Centre, D’Vera Cohn. « Notre principal découverte, c’est que d’une génération à l’autre, surtout entre les générations d’immigrants latino-américains et leurs enfants adultes, on parle anglais plus couramment. Si seulement 23 pour cent des immigrants hispaniques disent parler anglais très bien, 9 sur 10 de leurs enfants affirment le faire », explique Mme Cohn.

Tout permet de croire que les enfants des immigrants hispaniques souhaitent apprendre l’anglais tout autant que les rejetons des européens qui se sont installés aux États-Unis au début du 20ème siècle. Ce qui facilitera leur assimilation au reste de la population, estiment les chercheurs du Centre Hispanique Pew, la langue étant un facteur important dans ce domaine puisqu’elle facilite les rapports sociaux, permet d’obtenir de meilleurs emplois et d’être mieux accepté.

Néanmoins, le rapport du centre ne convainc pas tout le monde. La Fédération pour la réforme de l’immigration américaine, une ONG qui milite pour le renforcement des lois portant sur l’immigration, estime qu’il ne suffit pas, pour être un bon immigrant, de parler l’anglais. « Vous devez examiner le niveau d’éducation » déclare un responsable de la fédération, Ira Mehlman, en faisant valoir qu’un rapport de l’université de Californie à Berkeley a montré que même si les Hispaniques sont une majorité au sein des jeunes de moins de 25 ans dans l’Etat, très peu poursuivent des études supérieures, et ont donc des chances réduites d’avoir une vie professionnelle réussie.

Le Bureau du recensement chiffre à environ 44 millions le nombre d’Hispaniques installés aux Etats-Unis légalement. Onze millions d’autres environ résident dans le pays illégalement. Mme Cohn rappelle que, comme pour toutes les populations d’immigrants, l’assimilation prend du temps, et que ce n’est souvent qu’à la seconde ou troisième génération que ce processus s’achève.

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