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Manifestation à Washington contre le ministère de la Justice


A l’origine de cette manifestation: l’intransigeance dont ont fait preuve les autorités de Jena, en Louisiane, après que six lycéens noirs eurent battu un élève blanc. Le révérend Al Sharpton, personnalité bien connue dans la lutte pour les droits civiques, a dénoncé le fait que, selon lui, le département de la Justice n’intervienne pas pour poursuivre ceux qui commettent des délits de haine contre les Africains-Américains et autres membres de minorités raciales.

La manifestation a rassemblé des noirs américains qui avaient fait un long voyage en autocar, pour se rendre dans la capitale américaine, à partir de la Floride, du Michigan ou encore de l’Etat de Washington, sur la côte ouest. Le révérend Sharpton a été rejoint par diverses personnalités africaines-américaines du monde de la radio et par le fils de Martin Luther King. Il s’est dit satisfait par l’ampleur de ce rassemblement. «Le département de la Justice ne voulait pas aller au peuple, nous avons donc amené le peuple au département de la Justice», a déclaré M. Sharpton.

Jena, en Louisiane, connaît des tensions raciales depuis l'automne 2006, lorsqu’une corde de pendu, symbole de la ségrégation, avait été accrochée à un arbre devant le lycée de la localité. Trois étudiants blancs, impliqués dans l’affaire, avaient été suspendus de l’école, sans faire l’objet de poursuites judiciaires. Par contre, six étudiants noirs ont été inculpés de tentative de meurtre pour avoir battu un élève blanc, et l’un d’eux a déjà passé près de dix mois en prison, bien que les chefs d'inculpation retenus contre eux aient été réexaminés depuis.

L’affaire a suscité la colère de nombreux africains-américains. Depuis les incidents à Jena, des cordes de pendu sont apparues à travers les Etats-Unis. Les procureurs fédéraux disent poursuivrent activement leurs enquêtes. En ce qui concerne Jena, ils précisent n’avoir pas inculpé les lycéens, en raison de leur jeune âge.

Ces explications n’ont pas satisfait le Révérend Sharpton. «Quand vous accrochez une corde de pendu, ce n'est pas une blague pour nous», a-t-il lancé aux manifestants qui ont défilé dans les rues de Washington. «Nos grands-pères se sont balancés à ces cordes. Nos grands-mères aussi. Ces cordes ne sont pas une plaisanterie. Nous avons été pendus, nous avons été assassinés», a rappelé M. Sharpton.

Dans un communiqué, le nouveau ministre de la Justice, Michael Mukasey, s’est félicité que les protestataires aient mis l’accent sur la tolérance et les libertés civiques. Mais il espère aussi que tout le monde pourra s’accorder sur le fait que ce sont les criminels qui commettent ces actes violents de haine qui méritent de faire l’objet des protestations les plus véhémentes.

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