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La sécurité renforcée à la frontière avec le Mexique


Les gardes-frontières américains étendent le programme «Streamline» à la frontière avec le Mexique. Ce programme vise à appliquer une loi en vigueur depuis 1952, qui permet de pénaliser les étrangers qui passent la frontière illégalement en leur infligeant des amendes ou encore des peines de réclusion.

Le programme «Streamline», qui cherche à rationaliser la situation à cette frontière, a été lancé en décembre 2005 à Del Rio au Texas. Depuis, les interpellations d’illégaux ont chuté de près de 70 pour cent. Ce succès a mené à étendre l’application de ce programme à Yuma, dans l’Arizona il y a dix mois, et là aussi, le nombre d’arrestations a diminué de 70 pour cent.

Certains experts restent sceptiques. Ils font valoir que de toute façon, l’immigration illégale a baissé, en raison du ralentissement d’activité dans le secteur de la construction, où de nombreux sans-papiers avaient trouvé du travail ces dernières années. Ils pensent également que les illégaux arrêtés dans une certaine partie de la frontière, puis déportés, la repassent ailleurs.

Les gardes frontières américains, eux, s’inscrivent en faux. Le programme «Streamline» vient d’être lancé à Laredo au Texas et selon Carlos Carrillo, chef de l’U.S. Border Patrol (les gardes-frontières) dans le secteur, les empreintes digitales et renseignements biométriques prélevés sur des illégaux détenus dans le cadre de ce programme prouvent que peu d’entre eux tentent de repasser la frontière. «Le taux de récidive pour ces étrangers que nous avons suivi dans le cadre du programme “Streamline” à travers le pays est inférieur à deux pour cent» affirme M. Carrillo. Les chiffres dans les secteurs où «Streamline» a été mis en place sont tellement impressionnants qu’on ne saurait dénigrer la valeur du programme, a-t-il ajouté.

L’ancien système, qui consistait à arrêter les illégaux, puis à les renvoyer dans leur pays, était inefficace, en partie parce qu’un grand nombre d’immigrants ne le prenaient pas au sérieux, alors que maintenant, ils risquent la prison, et ils pourraient également se voir refuser un visa légal d’immigrant pendant une période allant jusqu’à 20 ans, s’ils persistent à passer en fraude la frontière. En d’autres termes, ils se verraient automatiquement exclus à l’avenir des programmes qui prévoient la délivrance, à des étrangers, de permis de travail, pour une période déterminée. «Une fois que vous avez interdiction de re-soumettre une demande de visa pour entrer aux États-Unis, vous n’êtes plus bénéficiaires des programmes qui pourraient entrer en vigueur à l’avenir» explique M. Carillo.

Le programme «Streamline» a également eu un effet bénéfique pour les étrangers, puisqu’il les a découragés de franchir la frontière dans des zones dangereuses où ils risquaient de mourir de soif ou d’insolation. «Depuis qu’on a commencé le programme “Streamline” dans le secteur de Del Rio, les décès des illégaux ont chuté de 50 pour cent» a déclaré M. Carrillo. Si l’on compte 18 morts dans ce secteur cette année, on en a recensé 52 dans celui de Laredo, une nette différence, souligne le responsable des gardes-frontières.

Les autorités espèrent qu’à terme, le programme pourra être déployé tout le long de la frontière près de Laredo, soit sur 273 kilomètres. Et ici à Washington, les responsables du gouvernement fédéral surveillent de près la situation, car on envisage déjà d’appliquer le programme «Streamline» sur toute l’étendue de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis.

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